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Les Trois Disciples


Comme tous les soirs à la tombée du jour, les trois disciples se retrouvaient assis côte à côte devant l’estrade où se tenait leur maître en costume de cérémonie. La journée de travail était terminée et, dans la clarté faiblissante, le maître restait silencieux comme d’habitude. Pourtant le silence, qui toujours précédait les quelques paroles de clôture, semblait ce soir-là avoir une qualité particulière. Ainsi que la lumière, le silence semblait peu à peu de dissiper comme si la parole du maître envahissait déjà l’espace pour le densifier.

“Ce soir est particulier, dit le maître, car il voit l’achèvement d’une longue préparation. Le plus méritant d’entre vous trois, celui qui est allé le plus loin dans la quête va, ce soir, recevoir le rouleau de la connaissance ineffable, celle qui lui révélera le grand secret qui est l’aboutissement de l’enseignement dispensé ici.”

En entendant ces mots les trois disciples, du plus jeune au plus ancien, retinrent leur souffle. Le disciple le plus ancien, qui recevait les leçons du maître depuis plus de dix ans, savait que ce soir encore plus que tout autre allait être riche d’un enseignement qu’il était pressé de découvrir. Le second disciple pensait que le premier allait être enfin récompensé de son assiduité et, qu’une fois honoré, il partirait en lui laissant sa place. Le troisième disciple était heureux à l’idée qu’une récompense allait échoir à l’un de ses deux condisciples et qu’il pourrait continuer à apprendre en observant la discipline.

D’un geste posé le maître ouvrit la boîte rouge laquée qui était devant lui et souleva à deux mains le rouleau à la couverture aux motifs mordorés, fermé par un cordon violet.
“Celui qui s’est montré digne de dérouler ce texte lumineux est le troisième d’entre vous.” déclara-t-il.
Alors que la surprise se peignait sur les visages des trois disciples et surtout des deux derniers, le maître se fit plus pressant :
“Allons, lève toi et viens prendre ta récompense”. Comme le disciple se saisissait timidement du rouleau, la stupéfaction sur le visage du second disciple se transforma expression de colère.
“Comment, c’est lui, le dernier arrivé et le plus jeune des trois, qui se voit ainsi honoré avant nous qui avons plus de mérite. Quelle injustice !” En prononçant, ces mots le second disciple se leva et arracha le rouleau de la main du troisième disciple pour s’enfuir avec.

Comme le premier disciple se dressait, comme pour se lancer à la poursuite du fuyard, le maître l’arrêta d’un geste. Et d’un autre geste tranquille il invita ses deux disciples restants à s’asseoir de nouveau devant lui comme avant et resta silencieux. Quand il vit qu’ils s’étaient tout à fait apaisés, il leur dit :
“Ce rouleau ne contient que du papier blanc.”

L’illusionniste


Ayant entendu parler d’un illusionniste étonnant, un seigneur l’invita à présenter ses tours au château. Comme l’illusionniste affirmait que grâce à ses pouvoirs rien ne lui était impossible, le seigneur le mit au défi de dérober le sabre d’un de ses vassaux dans son propre château, en même temps qu’il ordonnait à ce dernier de doubler la garde et de placer des torches partout pour éclairer les coins les plus sombres. Malgré cela l’illusionniste réapparut, comme il l'avait promis, avec le sabre.

Le seigneur fut très impressionné par la prouesse de l’illusionniste et pensa aussitôt qu’il pourrait être un auxiliaire formidable pour lutter contre ses ennemis. Mais il pensa aussi qu’il pourrait devenir un grave danger s’il se tournait contre lui. Finalement, il déclara que l’illusionniste représentait une menace pour le peuple et ordonna son exécution.

Avant qu’il ait pu s’enfuir l’illusionniste se trouva capturé par les hommes d’armes. Il leur dit alors qu’il voulait leur montrer un tour fabuleux ce qui ne manqua pas de les intriguer. Il prit une gourde et fit mine de verser du saké dans une coupe. Une vingtaine de poupées sortirent alors de la gourde et se mirent à danser. L’attention des hommes d’armes fut si bien captivée par la danse des poupées qu’aucun d’entre eux ne s’aperçut de la disparition de l’illusionniste.

Chacun aimerait bien connaître les techniques utilisées par un tel illusionniste pour ses tours de passe-passe afin de pourvoir en faire autant. Mais comme dirait maître Hatsumi : "En présence de l’amour, les tours de passe-passe ne trompent plus personne."

Le marchand et le mendiant


Un marchand avait la réputation d’être brutal et violent. De fait, il surpassait en force la plupart de ses pairs. Un jour un mendiant cul-de-jatte qui marchait péniblement sur ses genoux vint lui demander la charité arguant qu’ils étaient originaires de la même province. Le marchand jeta négligemment un sou sur le sol. “Merci mon prince” lui dit ironiquement le mendiant. Mais au moment où il se penchait pour ramasser la pièce, le marchand se saisit de lui et le projeta au loin. Comme le mendiant revenait en rampant vers la pièce le marchant recommença son manège. A la troisième fois le mendiant lui déclara :
“J’abandonne, tu es trop violent. A l’égard d’un éclopé comme moi cela n’a rien d’héroïque. Si tu as besoin de moi tu me trouveras au temple.”

Le marchand se dit que ce mendiant devait être fou pour penser qu'il pourrait avoir besoin de lui mais, au moment de se coucher, il ressentit une vive douleur. Retirant sa ceinture il s’aperçut que ses sous-vêtements étaient taillés en pièces. Il compris alors que le mendiant était un homme hors du commun et, à l’aube, il alla au temple pour le trouver. Quand il arriva devant lui il se prosterna le front sur le sol.

Le mendiant se releva de sa paillasse en riant. “Hier, tu m’as projeté trois fois mais c’est à toi que tu faisais du mal, lui dit-il, saches que je t’ai épargné parce que nous venons de la même province, sinon je t’aurais coupé les deux bras.” Puis il ajouta : “Il faut maintenant que tu te soignes. Il y a une boîte d’onguent posée sur cette poutre au-dessus de nous, va la prendre.” Le marchand dit son regret d’être incapable de s’élever jusqu’à la poutre. Alors, aussi léger qu’un oiseau, le mendiant bondit jusqu’à la poutre et rapporta l’onguent au marchand. II lui dit finalement : “Dans ma jeunesse, je comptais sur ma force et négligeais de m’entraîner. C’est ainsi que j’ai perdu mes deux jambes. Evite de suivre mon exemple et tu auras le meilleur des onguents.”

L’aveugle et les dés


Quand il pénétra dans la salle de jeu, l’aveugle fut accueilli par des sourires dédaigneux, accompagnés de quelques ricanements qu’il parut ne pas entendre. C’était un petit homme rondouillard vêtu d'un kimono gris souris noué par une ceinture un peu plus foncée qui, sans presque s'aider de sa canne, trottina jusqu’à une place libre autour des quatre tatamis centraux sur lesquels on jetait les dés. Le cornet s’abattait en claquant sur la paille de riz, les paris montaient et quand le cornet se relevait les dés désignaient les gagnants.

Bien qu’il ait placé un foulard noué assez volumineux devant lui, l’aveugle n’avait pas encore déballé son argent et demeurait silencieux, comme perdu dans ses pensées. De temps un temps, un joueur ou un autre lançait un coup d’oeil de son côté, se demandant quand il allait se décider à entrer dans le jeu. Mais l’aveugle ne bougeait pas.

Ce ne fut que lorsque c’était à son tour de lancer les dés que l’aveugle sorti de sa réserve. Il saisit le cornet l’agita en l’air en le tenant d’une main et en le bouchant de l’autre, puis le plaqua sur le tatami d’un geste sec. Tous les regards se portaient sur le dé qui s’était bizarrement échappé du cornet et qui révélait la moitié de la combinaison du joueur aveugle. Personne ne dit mot mais tout le monde paria. L’aveugle déballa alors son argent pour suivre les paris puis leva le cornet. Il avait perdu. Il jeta les dés une deuxième fois. La même chose se produisit et il perdit encore.

Au troisième lancer de dés, ce n’était plus un seul des dés qui s’était échappé du cornet mais les deux. L’aveugle avait déjà perdu, tout le monde pouvait le voir... Les paris atteignirent alors des sommets et l’aveugle suivit de justesse en plaçant tout ce qui lui restait sur le tapis. Soudain il sourit et posa l'index et l'auriculaire de sa main gauche sur les dés comme s’il avait pu les voir. Pourtant ses paupières relevées montraient bien que ses yeux étaient ravagés, recouverts de plaques blanchâtres ils ne pouvaient évidemment rien discerner. D’une voix aussi éraillée que ses yeux l’aveugle dit alors : “Tiens ma paire de dés fétiche est tombée de ma manche.” Saisissant alors prestement les dés de sa main droite il les fit disparaître aussitôt en les lançant dans la manche gauche de son kimono et il souleva le cornet sous lesquels se trouvaient les dés de la partie. Il avait gagné.

L’enfer et le paradis


Où sont l'enfer et le paradis ? Comment y entre-t-on ? Etaient les questions qui hantaient un samouraï ne lui laissant pas de repos. Pour s’en enquérir, il se rendit devant un grand maître Zen réputé et lui demanda, pour commencer, si l’enfer et le paradis existaient.
Sans paraître avoir entendu la question le maître lui dit :
“Je vois que tu portes deux sabres, serais-tu par hasard samouraï ?
– Comment ça, par hasard ! te moquerais-tu de moi ?
– Tu as plutôt l’air d’un mendiant...”
En entendant ces mots, le samouraï dégaina son sabre et le leva au-dessus sa tête comme pour frapper le vieil homme assis en face de lui.
“Voilà, l’enfer !”
Lui dit alors le moine sans s’émouvoir.
Troublé et rougissant, le samouraï rengaina son sabre et s’inclina profondément devant le maître qui, souriant, ajouta :
"Et voilà le paradis."

L’école du combat sans arme


Un célèbre maître d’armes traversait le lac Biwa près de Kyoto sur un radeau avec d'autres voyageurs. Il y avait là aussi un samouraï qui n'arrêtait pas de se vanter de sa maîtrise du sabre. A leurs regards étonnés, les voyageurs semblaient bien croire qu’ils avaient affaire au meilleur sabreur du Japon. Le maître, à l’inverse, ne lui prêtait aucune attention. Blessé par le dédain visible de celui qui, comme lui, portait une paire de sabres, le samouraï s’adressa brusquement à lui par ces paroles :
“Si tu manies les sabres, pourquoi ne souffles-tu pas mot ?
– Mon art est tout différent du tien. Il consiste, non à vaincre mais à ne pas être vaincu.
– Quelle est donc ton école ?
– L'école du combat sans arme.
– Alors pourquoi ces sabres ?
– Pour rester maître de moi en évitant de les utiliser.
– Ah ! crois-tu vraiment que tu pourrais m’affronter sans sabre ?
– Pourquoi pas ? J’en ai surpris de plus forts que toi !”
Mis hors de lui par l’assurance du maître, le samouraï ordonna au passeur de gagner le rivage le plus proche. Le maître dit alors qu'il serait préférable d'aborder l’île voisine afin d’y être plus tranquille. Le samouraï, qui imaginait déjà un combat héroïque, approuva et dès que le radeau toucha le bord il sauta à terre en dégainant son sabre sans attendre. Comme il l’avait annoncé, le maître se défit de ses sabres qu’il remit dans les mains du passeur tout en le délestant de sa perche au passage. Mais au lieu de sauter à terre, poussant sur la perche, il dégagea le radeau de la berge pour le remettre dans le courant. Comme le radeau s’éloignait, le maître se retourna alors vers le samouraï qui gesticulait en hurlant sur son île et il lui lança :
“Tu sais maintenant ce qu'est le combat sans arme.”

L’accomplissement de l’art


L’accomplissement de l’art ressemble à l’art de l’accomplissement. Cette figure (dans la phrase précédente), où les termes se croisent pour se retrouver inversés, s’appelle un chiasme. Le nom vient de la lettre grecque Khi qui ressemble à un grand X. Cette lettre alphabétique devient donc un idéogramme, évoquant cette figure par ses traits qui se croisent. Un croisement de traits ressemblant à celui du chiffre dix en chinois et en japonais qui, figuré par les bras, réunit les dix doigts, ou encore ressemblant au bois de l’arc croisé par la flèche, laquelle s’appelle aussi un trait.

C’est justement l’histoire de l’accomplissement d’un grand maître du tir à l’arc dont il s’agit ici. Cela commence par un entraînement assidu. Les années passent, puis les dizaines d’années. Au long du cheminement les raisons initiales s’éloignent comme s’enfonçant lentement dans le brouillard et, comme pour un voyage sans fin, de nouvelles raisons d’avancer apparaissent au détour du chemin.

Les grandes étapes sont bien connues : ne faire plus qu’un avec la cible, ne plus penser, toucher. Il faut pour cela maîtriser son tumulte intérieur et s’ouvrir à l’univers pour que naisse une harmonie où puisse s’intégrer le geste, le tracé de la flèche et la cible. La flèche se courbe comme un arceau, puis la corde la propulse pour qu'elle abolisse la séparation issue de l’illusion.

Avec les années, le disciple studieux du début était devenu un maître reconnu et admiré. Mais pour lui les choses étaient restées simples et même devenaient de plus en plus simples car l’entraînement au tir était arrivé à faire à ce point partie de sa vie qu’il ne le pensait même plus comme tel. Il était devenu comme sa respiration, naturel. Si bien que maintenant qu’il était avancé en âge il ne savait plus exactement ce que c’était de s’entraîner. Et d’ailleurs personne ne savait plus au juste s’il s’entraînait encore. En tout cas on ne le voyait plus tirer, car si un oiseau nuisible s’aventurait à survoler sa demeure une flèche transcendantale le transperçait sans que le maître n’eut à s’en soucier.

Un jour le vieux maître quitta exceptionnellement sa maison pour aller visiter un ami, grand collectionneur d’armes anciennes. Comme ils s’étaient assis pour boire une tasse de thé, le regard du maître se posa sur le mur décoré par les plus belles pièces de la collection de son hôte.
“Quels sont donc ces étranges instruments que je vois accrochés là ? demanda le maître à son ami.
– Cela, ce sont des arcs et des flèches.” lui répondit-il.

Les fleurs et le fumier


La saison avait amené une belle floraison et le jardin resplendissait de fleurs de toutes couleurs qui distillaient leurs parfums. L’horticulteur décida de couper les plus belles pour aller les vendre au marché. Aidé de son apprenti, il en récolta deux larges paniers qu’ils chargèrent sur le cheval et ils partirent pour la ville.

Chemin faisant, une petite troupe se forma derrière l’équipage dont le cheval portait sur ses flancs un si beau chargement. Les gens souriaient d’aise et discutaient des fleurs qui débordaient des paniers, de leur couleur, de leur parfum, à qui les connaîtrait le mieux et en aurait eu d’aussi belles dans son jardin.

Arrivées à la foire les fleurs attirèrent de nombreux chalands et la marchandise fut rapidement écoulée. Satisfait, l’horticulteur donna à son apprenti le signal du départ. Mais pour ne pas s’en retourner à vide, profitant de la belle recette qu’il avait faite, il alla acheter du fumier pour son jardin et prit aussi une friandise pour son apprenti.

Comme ils cheminaient sur la route du retour, l’apprenti s’étonna de ce qu’ils restaient bien seuls. “Maître, demanda-t-il à l’horticulteur, pourquoi les gens qui nous accompagnaient à l’aller ne sont-ils pas là pour nous accompagner aussi au retour ?
– Mon garçon, lui répondit celui-ci, si tu écoutais ton nez il te le dirait aussi bien que moi. Nous savons que de telles fleurs ne pourraient pousser sans fumier, mais alors que leur parfum attirait la compagnie, la puanteur du fumier l’éloigne.”

Les trois niveaux


Un maître d'escrime reçut un jour la visite d'un vieil ami qu’il n’avait pas vu depuis des années. Après quelques préambules, le visiteur de s'enquérir de la santé des trois fils de son ami, qui suivaient bien sûr la voie du sabre sous la direction de leur père.
“Où en sont-ils maintenant ? demanda-t-il.
– Ils progressent, chacun à son niveau.
– J’aimerais bien voir ce dont ils sont capables.
– Veux-tu les mettre à l’épreuve.
– Oui, plaçons un sabre en bois au-dessus de la porte et voyons ce qu’ils feront en entrant.”
Ainsi fut fait. Placé sur le bord supérieur de la porte coulissante, le sabre tomberait dès qu’on ouvrirait. Le maître appela alors son plus jeune fils.
Le jeune garçon poussa la porte et le sabre tomba, mais le sans le toucher car il l’avait esquivé par un rapide pas en arrière.
“Pas mal ! dit le visiteur, voyons maintenant ce que fera son frère.”
Le maître dit à son plus jeune fils de remettre le sabre en place et de s’asseoir devant lui. Puis il appela son second fils.
Le second fils poussa la porte,et d'un geste vif saisit le sabre au vol. Puis il le posa devant son père en s’asseyant.
“Très bien ! dit le visiteur, je me demande ce que va pouvoir faire l’aîné.”
Le sabre remis en place, le maître appela son troisième fils.
Ils faisaient face à la porte qui restait obstinément close. Soudain ils entendirent dans leur dos un frôlement. Le panneau coulissant de la cloison opposée s’était ouvert et, d’un pas léger, le troisième fils les contourna pour venir s’asseoir devant eux à coté de ses frères.
“Père, vous m’avez appelé ?" demanda-t-il en souriant.

La voie de l’excellence


Son excellence le gouverneur de Kyoto approchait de Kamakura, la capitale shogunale, après un long voyage en chaise à porteur avec armes et bagages. Il rêvassait mollement affalé sur ses coussins de soie, songeant à une visite qu’il voulait faire dès arrivé.

Sur une colline paisible dominant d’un côté la ville et de l’autre la mer, derrière une modeste pagode, résidait un maître Zen vénéré pour la sagesse des conseils qu’il dispensait à tous ceux qui les sollicitaient. Quand on ne le consultait pas, il passait son temps à sculpter dans le bois des bouddhas au sourire éternel. Il se trouvait justement dans son atelier quand le jeune moine portier lui présenta une carte richement décorée où l’on pouvait lire :
"Son Excellence, Monsieur le Gouverneur de Kyoto, Conseiller personnel du Shogun...
– Je n’ai rien à dire à cet homme.” déclara sèchement le maître et il se replongea dans son travail.

Bien ennuyé, le jeune moine dut apporter la réponse de son maître au gouverneur qui attendait entouré de sa suite.
“Comment ! s’exclama ce dernier interloqué, sais-tu bien que je pourrais le faire mettre à mort, lui, tout ses proches et son entourage, sur un simple claquement de doigts.”
“Pitié Excellence ! Bredouilla le moinillon horrifié de voir déjà les samouraïs du gouverneur se raidir et poser leurs mains sur la garde de leurs sabres...
“Mais quand même ! murmura songeur le gouverneur en hochant la tête, je ne serais arrivé à rien.”
Il reprit sa carte et, en quelques coups de pinceau, fit disparaître tous ses titres ne laissant de lisible que son nom.
“Tiens, dit-il au petit moine, porte de nouveau ma carte à ton maître.”

Absorbé par le délicat travail du laquage d’un bouddha qu’il venait de finir de sculpter, le maître jeta un rapide coup d’oeil sur la carte que lui tendait le jeune garçon en tremblant et, sans lâcher son pinceau, lui dit :
“Je le recevrai avec plaisir.”

La bonne réponse


Un riche négociant grand adepte du bouddhisme ésotérique, se rendit dans une école réputée pour la qualité de son enseignement dans le but de recruter un assistant, qui deviendrait en outre son gendre et son héritier.

Pour dénicher l'oiseau rare, il avait préparé une question extrêmement subtile, qu'il soumit à l'assemblée des étudiants en leur offrant à chacun la possibilité d'une réponse unique.

Pénétrés de la solennité et de la difficulté de l'épreuve les étudiants réfléchirent longuement et vinrent l'un après l'autre présenter leur réponse au négociant qui n'en trouva aucune satisfaisante.

Trois jours passèrent et aucun étudiant ne se montra capable d'apporter la bonne réponse. Alors le négociant, lassé, décida de s'en retourner comme il était venu.

Il n'avait pas fait un kilomètre sur le chemin du retour, qu'il entendit des appels derrière lui. Se retournant sur son cheval, il vit arriver en courant un jeune homme qui s'adressa à lui tout essoufflé : “Maître, maître, depuis trois jours je ne cesse de retourner la question dans ma tête et de chercher dans les livres, en vain. Je vous supplie de ne pas partir sans me révéler la bonne réponse.”

Le maître sourit et lui dit : “Viens avec moi tu me parais être l'assistant idéal.”

Le juste compte


A la foire d’une petite ville, un jeune homme trouva une bourse pleine d’or. Aussitôt il l’apporta à l’édile qui avait justement auprès de lui un riche négociant venu lui annoncer qu’il avait perdu sa bourse et qu’il offrait une récompense à celui qui la lui rapporterait.

Satisfait, l’édile inventoria le contenu de la bourse et y trouva trois cents pièces d’or. Il proposa alors au négociant de remettre cinquante pièces au garçon à titre de récompense.

“Je l’aurais fait volontiers, déclara le négociant, mais ce jeune homme s’est déjà récompensé lui-même car ma bourse contenait trois cent cinquante pièces d’or.”

“Je ne saurais mettre votre parole en doute, déclara l’édile après un instant de réflexion, un homme prospère et respecté, comme vous l’êtes, ne saurait mentir. Mais celle de ce garçon non plus qui, s’il avait été malhonnête, aurait gardé pour lui la bourse avec tout son contenu. J’en conclus donc que cette bourse n’est pas la vôtre.”

Puis il rendit la bourse au jeune homme en l’invitant à la garder tant que son véritable propriétaire ne se serait pas manifesté.

Les trois questions


Le souverain était mécontent de son conseiller qui s’était laissé amollir par la vie de cour et faisait désormais montre de la plus grande paresse intellectuelle. Il le convoqua et lui dit que s’il voulait garder sa tête sur ses épaules il allait devoir lui prouver sa valeur en répondant à trois questions. “La première question est : comment un archer peut-il placer, à coup sûr, sa flèche dans le rond central de la cible ? La seconde question est : à quoi est égale la distance de la terre à la lune ? Enfin, ajouta le souverain, quand tu auras répondu correctement à ses deux questions, si tu peux alors me dire ce à quoi je pense, je considérerais que ta tête est bonne et tu pourras la garder.”

Le conseiller balbutia qu’il avait besoin de temps pour trouver réponse à des questions aussi difficiles. Soit, admis le souverain, tu as la journée entière pour y réfléchir. Mais ce soir à la tombée de la nuit je veux entendre tes réponses.

Terrifié le conseiller, alla consulter un ermite réputé qui habitait la montagne voisine. “Maître, implora-t-il en se courbant jusqu’à terre, comment trouver réponse à de pareilles questions ? Je vous supplie de m’aider !” L’ermite sourit et lui dit : “Echangeons nos vêtements et tandis que tu m’attendras ici, j’irai répondre à ta place.” Le conseiller se demandait bien comment l’ermite allait faire, mais il était trop heureux d’échapper provisoirement au danger pour poser à son tour des questions.

A la tombée de la nuit, l’ermite déguisé se présenta devant le souverain en restant cependant à une distance respectueuse qui laissait croire qu’il était bien le conseiller aulique.
“Alors, dit le souverain, peux-tu répondre à la première question ?
- Oui, votre majesté, il suffit que l’archer tire d’abord sa flèche sur une planche nue et qu’il dessine ensuite la cible autour.
- Ingénieuse réponse ! Que réponds-tu à la deuxième question ?
- Sire, la distance de la terre à la lune est égale à la distance de la lune à la terre.
- Voilà encore une réponse satisfaisante. Si tu te montres maintenant capable de me dire ce que je pense en ce moment, tu sauveras ta tête.
- C’est très simple, votre majesté, vous pensez que je suis votre conseiller alors qu’en réalité je suis l’ermite de la montagne voisine qui a pris sa place."
Charmé le souverain pensa alors que cet imposteur pouvait avantageusement rester à la place qu’il avait prise.

La docte ignorance


Le samouraï marchait maintenant à travers bois dans cette fin d’après-midi d’automne. Le sentier qu’il suivait s’était peu à peu estompé jusqu’à disparaître complètement et il ne voyait plus que la forêt autour de lui. “J’ai du prendre un mauvais embranchement et maintenant je serais même incapable de revenir sur mes pas.” pensait-il avec agacement. A peine s’était-il fait cette amère réflexion qu’entre deux arbres il débouchait sur un chemin forestier assez large. Rasséréné par cette heureuse découverte il tourna à gauche, vers le couchant, espérant atteindre un village avant la tombée de la nuit.

Il n’avait pas fait deux cents mètres, qu’à un détour du chemin il avisa un vieil homme, une sorte d’ermite, qui se tenait à l’entrée d’une petite caverne, assis en tailleur son bâton posé sur son épaule, et qui semblait plongé dans une profonde méditation. Tout à fait rassuré par cette rencontre il s’adressa à lui :
“Vieil homme, où mène donc ce chemin ?
- Je n’en sais rien, répondit ce dernier sans lever les yeux.
- Alors dis-moi où nous sommes.
- Je n’en sais rien, dit encore le vieil homme sans sourciller.
- Tu n’as pas l’air de savoir grand chose, lui rétorqua le samouraï d’un ton coupant.
- Vous avez tout à fait raison noble seigneur, répliqua l’ermite en levant les yeux vers son interlocuteur, grande est mon ignorance ! Mais c’est vous qui êtes perdu, pas moi.”

La patience et la persévérance


Un célèbre maître d’armes en prenant de l’âge s’était retiré dans la montagne pour se consacrer à la méditation. Mais sa réputation ne s’était pas éteinte et il avait parfois des visiteurs qui venaient le voir dans sa retraite reculée. Un jour de printemps où il était assis à l’entrée de sa cahute écoutant le chant de la nature renaissante, il vit arriver un jeune samouraï qui s’inclina profondément devant lui et lui dit :
“Maître, j’ai fait tout ce chemin depuis ma lointaine ville de naissance car on m’a raconté que vous réalisez des prodiges au sabre et je souhaite ardemment devenir votre disciple et me former à l’excellence que vous incarnez.
- Mais de quels prodiges parles-tu ?
- Maître, il paraît que vous pouvez couper en deux les mouches au vol.
- Crois-tu qu’une telle chose soit possible ?
- Maître aussi incroyable que cela paraisse, on m’a assuré que vous en étiez capable et je suis venu de si loin pour voir ce prodige de mes yeux, je vous implore de me le montrer.
- Je ne crois pas pouvoir te montrer cela, d’ailleurs l’escrime n’est plus au centre de mes préoccupations.”
Le jeune samouraï était interloqué par la réponse car il voyait bien le sabre du maître posé devant lui. Après un moment de silence il avisa trois mouches qui se promenaient paresseusement sur une écuelle qui était bizarrement placé là à proximité, comme oubliée, et repris ses suppliques.
“Maître, je vous supplie de me montrer votre art sur une de ces mouches que je vois là. Ce doit vous être facile puisqu’elles ne volent même pas.
- Qu’il en soit comme tu le désires, dit le maître d’une voix grave.”
Et en un seul mouvement si preste que les yeux du jeune homme pouvaient à peine le suivre, il se dressa, dégaina et lança son sabre dont la pointe s’immobilisa sans le moindre tressaillement au-dessus des mouches qui s’envolèrent toutes les trois dans le même temps.
- Tu vois qu’il ne faut pas croire tout ce que l’on raconte, déclara le maître au jeune homme dépité, mais si tu veux devenir mon disciple, je t’enseignerai la patience et la persévérance, dont il faut s’armer pour réussir en quelque chose.
- Maître, je crois finalement que je ne suis pas prêt à recevoir votre enseignement, il vaut mieux que je m’en retourne d’où je viens. Pardonnez ma témérité.”
Et après avoir bredouillé ces mots d’excuse le jeune samouraï s’enfuit à toutes jambes, comme s’il était poursuivi par une horde de démons.
Comme il le regardait s’éloigner, le maître vit revenir les mouches enhardies par le calme retrouvé. Sa lame fendit l’air et les trois mouches du même coup. Alors, il remit son sabre au fourreau et se rassis pour reprendre sa méditation.

Une longueur incroyable


En arrivant dans la taverne le voyageur ne trouvant pas d’autre place s’assis près d’une table que présidait un homme parlant fort et buvant sec. L’homme racontait ses aventures à une assistance bouche-bée. Entre deux âges, on voyait à sa mine farouche et à son sabre qu’il gardait à portée de la main qu’il s’agissait d’une sorte d’aventurier, fort en gueule et quelque peu vantard.

“Soudain, disait-il, je me trouvais face à un géant armé d’une Yari. Cette lance était d’une longueur incroyable. La lame seule était grande comme une barque et le manche comme dix. Il m’aurait écrasé d’un seul coup de son arme comme une souris si je ne m’étais pas précipité dans un terrier de lapin qui s’ouvrait là, car les lapins aussi étaient grands dans ce pays extraordinaire. Ainsi j’eus la vie sauve encore une fois.”

L’assistance, jusque là tenue en haleine, soudain soulagée d’apprendre que le héros avait échappé à la mort, laissa éclater sa joie avec des exclamations pleines d’admiration.

“Et toi, le nouvel arrivé, déclara l’orateur, que dis-tu de mon aventure ? As-tu déjà rien entendu de pareil ?
- J’ai en effet entendu parler d’une montagne où tout est de grande taille. Elle est couverte d’arbres immenses, aussi grands que cinq pagodes superposées.
- Balivernes ! de tels arbres n’existent pas.
- Ah vraiment ! Et de quoi serait fait le manche de la Yari dont tu nous parlais ?

Haut et fier


Un moinillon apportait un rouleau à un temple voisin. Presque arrivé, il se trouve face à un brigand vaguement accoutré en samouraï qui lui barre le chemin et d’un ton féroce lui annonce :
“Tu vas mourir !
- S'il vous plaît votre grâce, laissez-moi passer, implore le moinillon, j’ai ordre de porter ce rouleau au temple. Je serai de retour dans un instant, j’en prends les dieux à témoins.
- Eh bien soit, passe donc ! Mais tu ne perds rien pour attendre.”

Le moinillon en remettant le rouleau au prieur lui explique sa terrible situation.
"Ne crains rien petit, lui répond-il, prend ce sabre. Lorsque tu te retrouveras devant ce brigand, lève le sabre au-dessus de ta tête et garde le haut et fier, comme ceci. Puis ne bouge plus quoi qu’il arrive.”

Et une fois revenu face au brigand qui l’attendait en ricanant le moinillon lève haut son sabre et attend vaillamment sans broncher. Ce dernier commence d’abord par rire, puis passe aux insultes et enfin aux menaces, les pires qu’il puisse imaginer, mais le moinillon reste impassible. Peu à peu le brigand perd son envie de rire et il commence à se demander à qui il a à faire.

Après un temps qui lui a parut être une éternité, tiré de sa concentration par un bruit inattendu, le moinillon rouvre des yeux qu’il avait clos pour voir le brigand en train de détaler dans le tintamarre de ses plaques d’armure mal ajustées.

Le rescapé de l’enfer


Le daimyo était aux anges d’avoir enfin maté la révolte qui avait semé le trouble pour trop longtemps dans ses domaines et il ordonna de grandes réjouissances pour le soir tandis qu’aux rebelles capturés qui se tenaient ligotés devant lui il annonça qu’ils souperaient dès ce soir en enfer. Puis laissant ses aides préparer l’exécution et le banquet qui lui ferait suite, il sortit faire une promenade dans le bois attenant pour humer les senteurs du soir, rempli de satisfaction à l'idée qu'il allait être enfin débarassé de ces trouble-fêtes.

Quelle ne fut pas sa surprise, alors qu’il croyait son domaine soigneusement gardé, de se trouver face à un inconnu tout de noir vêtu.
“D’où sors-tu toi, qui semble venir directement de l’enfer ? lui lança-t-il, intrigué autant qu’agacé.
- C’est bien de là que je viens, répondit l’étrange personnage.
- Ah vraiment ! on peut donc échapper à l’enfer.
- Avec une bonne raison c’est possible, en prenant le temps à rebours.
- Assez de sornettes ! lança le daimyo en tirant son sabre, si c’est de là que tu viens, tu vas y retourner.”

Mais, bien qu’il fut un maître du sabre il n’arrivait pas à toucher l’homme en noir. Le rescapé de l’enfer esquivait toutes les attaques avec une aisance diabolique, comme s’il connaissait l’avenir.

“Ah démon ! S’exclama le gentilhomme exaspéré, j’en appelle aux dieux...”
Et comme la lame de son sabre semblait enfin toucher la troublante apparition qui, à ces mots, n’avait plus bougé, elle s’évanouit dans la nuit naissante.

En retrouvant peu à peu son calme, le daimyo se demanda s’il n’avait pas rêvé. “Non ! se dit-il finalement, je n’aurais pas pu faire un rêve pareil.” Songeur, il s’en retourna à son manoir. Une fois arrivé, il donna l’ordre de libérer les prisonniers, décommanda les festivités et alla dîner d’un bol de riz, en méditant face au jardin.

La panacée mortelle


A un daimyo inquiet pour sa santé un moine Shingon avait apporté un flacon d’une panacée qui était aussi ipso facto un élixir de jouvence et devait lui faire le plus grand bien. Comme le daimyo donnait des ordres pour qu’on récompense le moine qui repartait, il constata que son secrétaire avait profité de son inattention pour boire une coupelle du précieux breuvage.

Courroucé, il s’adressa à lui en ces termes :
“Tu as osé boire le breuvage réservé à ton seigneur, je vais te faire couper la tête.
- Votre seigneurie, pour votre sécurité, je voulais simplement m’assurer que cette prétendue panacée ne recelait pas de danger.
- Et quelle est donc ta conclusion ?
- Sans nul doute, elle est très dangereuse car à peine en ai-je bu une gorgée que déjà l’ombre de la mort pèse sur moi.
- Ah tu as raison ! je ne saurais y toucher dans ces conditions. Admis le daimyo puis, après un instant de réflexion, il ajouta :
- Aussi, je t’invite à en boire une deuxième fois. Si comme je le souhaite la deuxième rasade corrige les effets de la première nous serons tous deux rassurés et je pourrais consommer tranquillement le reste du flacon.”

Le maître de balai


Un jeune homme qui rêvait de devenir un sabreur reconnu se présenta devant un grand maître de l’art dans l’espoir de devenir son disciple.
“Ah mais ! lui répondit ce dernier, on ne devient pas mon disciple comme cela. Il faut d’abord faire la preuve de sa détermination, de son obéissance et de son ardeur au travail. Prends ce balai et que désormais ton seul souci soit la propreté des lieux, que je veux impeccable.”

Depuis des semaines le jeune homme balayait le centre d’entraînement jusque dans ses moindres recoins, en jetant parfois des regards malheureux sur les jeunes garçons du même âge que lui qu’il voyait s’entraîner avec des sabres en bois dans la classe du premier niveau.

“Quand le maître va-t-il me permettre d’accéder au maniement du sabre, vais-je passer le reste de ma vie à ne remuer qu’un balai ?” Pensait-il en soupirant. Mais chaque fois qu’il s’enhardissait au point de vouloir interroger le maître sur ce sujet sensible, ce dernier se détournait comme s’il devinait ses pensées et rien ne semblait devoir changer jamais.

Un jour où il avait pratiquement perdu tout espoir mais où il continuait à balayer presque sans y penser tant les gestes de cet art mineur lui étaient devenus familiers, le maître lui demanda d’approcher et il ordonna à un de ses meilleurs élèves du premier niveau de l’attaquer avec son sabre en bois. Le garçon qui n’avait que son balai dans les mains s’en servit tout naturellement pour parer les coups de son adversaire qui, malgré tous ses efforts, n’arrivait pas à le toucher.

Quand l’assaut fut terminé le maître s’adressa à son disciple de balai et lui dit :
“Tu vois qu’il ne faut pas confondre l’outil et le savoir-faire ! Ce que tu as fait aujourd’hui avec un balai tu vas pouvoir continuer de le faire avec un sabre, car c’était la première phase de ton apprentissage.”

L’imperméable de Hideyoshi


Voilà une aventure attribuée à Hideyoshi Toyotomi, le célèbre général qui a achevé l’unification du Japon au 16ème siècle après la mort de Nobunaga. Dans sa jeunesse, alors qu’il n’était encore qu’un obscur samouraï, il fit avec un ami le pari assez classique de parvenir à lui dérober son sabre chez lui dans un délai de dix jours.

L’ami se tenait bien évidemment sur ses gardes. La septième nuit, il pleuvait et il entendit dans le jardin des flops, comme les battements d’ailes d’un oiseau, qui semblaient être le léger tambourinage des gouttes de pluie sur un imperméable. Aussitôt il s’élança en souriant à l’idée qu’il allait prendre Hideyoshi sur le fait. Mais, après avoir ouvert la porte coulissante et s’être avancé dans le jardin, il ne trouva qu’un imperméable abandonné sur la lanterne de pierre.

Comprenant qu’il avait été joué, il retourna d’un bond à l’intérieur mais ce fut pour constater que le sabre s’était envolé. Il avait compris que si l’habit ne fait pas le moine, l’imperméable ne fait pas non plus le promeneur. La ruse de Hideyoshi s’apparente à une des techniques des Ninja : la technique du cure-dent caché ou Yôji Gakure no Jutsu, tactique qui consiste à détourner l’attention à l'aide d'un objet.