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  <title>Prosopon - pièce</title>
  <link>http://prosopon.theatre-contemporain.net/</link>
  <description>Oeuvres théâtrales et littéraires</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 19 Aug 2008 19:02:03 +0100</pubDate>
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    <title>lui ou Moi, une autre pièce facile à monter : un seul décor, trois personnages.</title>
    <link>http://prosopon.theatre-contemporain.net/post/2007/04/16/lui-ou-Moi-une-autre-piece-facile-a-monter-%3A-trois-personnages-un-seul-decor</link>
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    <pubDate>Mon, 16 Apr 2007 21:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Frédéric d'Artois</dc:creator>
        <category>pièce</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Questions&amp;nbsp;: Le meutre est-il inévitable&amp;nbsp;? Est-il à la base de tout&amp;nbsp;?
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la question délicate du nombre de personnages... C'est tout l'un ou tout l'autre&amp;nbsp;! S'il ne convient pas, se reporter à l'introduction de X Y Z, ci-dessous, et à la multiplication des pains.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://prosopon.theatre-contemporain.net/public/prosopon/./.Cain_Abel_15__m.jpg&quot; alt=&quot;Cain_Abel_15_.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Actes I et III, le reste sur demande
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Acte I - Confrontation&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Scène 1 - Présentation&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ainsi suis-je présent. Je me présente au présent. C’est pourquoi je suis mon propre présent. Le monde aussi est là, comme moi je suis là. Il m’entoure mais je le parcoure. J’en suis toujours le centre partout où je vais. Partout je le découvre comme une image qui change au gré de mes pas... Mais cette image où se trouve-t-elle&amp;nbsp;? Est-elle comme une peau qui habille les choses&amp;nbsp;? Ou est-elle dans mon esprit une simple pellicule&amp;nbsp;? Si elle est dans mon esprit, comment se fait-il que je ne puisse la changer sans l’aide de mes mains&amp;nbsp;? Voilà bien le mystère&amp;nbsp;! Le monde n’est pas moi. C’est un autre que moi et qui même me résiste. Mais, en guise de revanche des moments imprécis que je veux oublier, je peux le soumettre par ma force, et répondre ainsi à mes besoins souverains... souverain de tout par moi-même&amp;nbsp;! Pourquoi d’autres volontés s’opposeraient-elles à la mienne&amp;nbsp;? Tout serait plus simple s’il n’y avait qu’une seule volonté&amp;nbsp;! Mais au fond ne s’agit-il pas d’illusions puisque je peux, par certains moyens, transformer ces volontés dans un sens plus favorable... les abolir en quelque sorte. Sans doute, dans un monde idéal n’aurais-je pas à faire cet effort. Etait-ce cela le jardin de nos parents&amp;nbsp;? Et pourquoi l’ont-il perdu&amp;nbsp;? Par quelle faute, par quelle absurdité&amp;nbsp;? Mais, peut-être était-ce simplement pour me permettre d’exister... d’être celui qui recréera le monde idéal par la force de son désir. Ainsi mon sentiment d’être sera parfaitement accompli et déjà je sens en moi cette force particulière qui n’est pas répandue dans le monde alentour. C’est par elle que je dois prospérer, aller de l’avant pour encore plus de bien-être, encore plus d’assurance, encore plus de présence... Ainsi serais-je à l’avenir... Il me suffit d’être moi-même, toujours plus conforme à moi-même.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 2 - Face à face&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Le puîné - Il faut que je nourrisse mes bêtes. C’est naturel puisqu’elles me nourrissent. Mais, au fond est-ce que je les nourris ou est-ce que je les laisse se nourrir&amp;nbsp;? Je les mène brouter, c’est tout. Peut-être même y iraient-elles toutes seules si je ne les menais pas. Je ne joue aucun rôle au fond, ou le rôle le plus simple, moi aussi je ne fais que brouter le champ qui nous fut donné. Le monde pourrait aussi bien aller sans moi. Je suis comme une nuée, un brouillard léger qui flotte sur la terre... Tiens voilà la dissipation du brouillard&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Alors monsieur mon frère, encore en train de rêvasser et d’écouter ses cheveux pousser...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je surveille mon troupeau.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Autant dire que tu ne fais rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - N’est-ce pas le résultat qui compte&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Beau résultat qui montre que tu n’es qu’un fainéant, toujours à te prélasser, allongé, alangui, à regarder le temps passer comme une bête de ton troupeau.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Le temps passe sans se soucier de nous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - C’est nous qui avons à nous soucier du temps. Quand je plante une graine dans la terre, je compte les jours qui me séparent de sa floraison et, de là, j’anticipe le moment de la récolte où la terre aura cédé à mon désir... Le moment béni où le labeur se transforme en bonheur&amp;nbsp;! Ne veux-tu point le connaître aussi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je n’ai pas besoin de soumettre le temps et la terre pour accéder au bonheur, s’il vient c’est de lui-même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ton bonheur n’est qu’une douce mélancolie qui ignore la vraie joie, la jubilation de la réussite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je ne cours pas après les jubilés, ne sommes-nous pas tombés sur la terre maudite pour aller vers un destin qui nous échappe&amp;nbsp;? Quelle joie en tirer&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Nos parents sont tombés&amp;nbsp;! Moi puis ensuite toi, sommes nés sur cette terre et nous en tirons notre subsistance, toi d’une façon dolente et sans avenir tandis que moi je m’applique à le construire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Notre avenir est déjà construit, nous ne pouvons que nous y rendre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Pessimiste&amp;nbsp;! Notre avenir dépend de nous puisque nous avons nos propres désirs. Moi, en tout cas j’ai les miens&amp;nbsp;! Nos parents nous ont bien montré que la volonté forge le destin. Sommes-nous les jouets de la volonté d’un autre ou tout n’est-il pas soumis à une grande loi universelle&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 3 - Triangle&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;La mère - Mes enfants, vous voilà&amp;nbsp;! Comme vous le savez pour continuer à profiter des bienfaits de la nature, obtenir la bérakha qui est la faveur suprême, vous devez accomplir les rituels, dont le parfum monte jusqu’au ciel, comme votre père moi les avons initiés et comme vous les continuerez après nous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ces actions symboliques viennent compléter les actions réelles et ce qui réussit bien ici réussira aussi bien là. Je m’en remets à ton jugement pour l’appréciation de ma conduite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Toi mon aîné tu es l’homme que j’ai acquis auprès du père céleste. Tu as en toi la force, physique autant que morale, qui permet tout. C’est pourquoi j’attends que tu accomplisses de grandes choses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - N’ai-je pas commencé en créant de toutes pièces le second jardin qui vient remplacer celui qui fut perdu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - N’exagère pas, le premier jardin nous avait laissé sa semence. Après que votre père et moi avons planté le petit rameau devant la caverne, il a grandi très vite pour devenir un bel arbre blanc. Aujourd’hui il est vert, figurant la fécondité qui s’est répandue tout autour de lui et dont ta main a pris la couleur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Les légumes qu’il fait pousser sont justement comme des fruits toujours verts.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu ne veux pas reconnaître qu’avec moi la bérakha est amenée sur un plateau, je l’incarne. D’ailleurs, j’irai encore plus loin et de mes mains, comme un signe, sortiront des arbres nouveaux dont le mérite me sera reconnu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Tu fais un plat de la reconnaissance, de ce que tu fais ou ne fais pas encore, mais de quel droit&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - L’aînesse est un droit, le premier de tous, celui qui ouvre à tous les autres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Quels sont ceux qui suivent le premier&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Ton frère était le premier, tu es le second.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Quelle est la justesse de cet ordre&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - L’ordre est que le second venu reste le second toujours, il ne peut que seconder le premier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu as entendu&amp;nbsp;! ... Mère, nous voulons t’obéir et allons préparer la cérémonie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - C’est bien, je veux vous voir unis devant le sacrifice au Père céleste.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 4 - Opposition&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L’aîné - Tu dois me suivre, c’est dit... Nous allons nous assurer du monde et le modeler selon nos désirs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - D’un mot le Père céleste créa tout comme d’un mot Il peut tout effacer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Abracadabra dans un sens et en boustrophédon dans l’autre. A t’entendre, comme ça paraît facile&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Il est plus sage de croire en son jardin que de le regarder d’entre les grosses légumes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ha ha, ce n’est pas moi qui confondrais le jardin avec le jardinier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Ce Jardinier à rien ne peut être soumis, c’est nous qui le sommes à sa volonté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu te crois soumis parce que tu imagines qu’Il n’est soumis à rien. Mais rien n’existe sans raison, tout effet à sa cause.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Il est l’Effet sans cause et la Cause de tous les effets.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Si c’est ainsi qu’en est-il de nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je me sens comme une nué flottante, ma légèreté me dicte ma conduite.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Et moi j’ai les pieds plantés dans le sol. Je ne flotte pas entre deux courants. Je vis en pleine lumière, celle du soleil qui est la cause immédiate de toute vie sur la terre et dont l’action fait croître mes plantes. Voilà le créateur visible de toute chose.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Le petit rameau emporté du jardin par nos parents pouvait seul donner naissance à une vie végétale terrestre qui ne soit pas maudite. Sa verdeur porte l’espérance qui renaît au printemps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Crois-tu donc que la malédiction s’arrête quelque part et qu’une bouture peut, par sa seule vertu, venir à bout des chardons et autres plantes à épines et à piquants qui prolifèrent autour de nous jusqu’à nous étouffer&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Il fallait bien qu’une grâce nous soit donnée pour que la vie continue sur cette terre ingrate&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - C’est toi l’ingrat qui ne voit pas que c’est mon labeur qui recrée le jardin de nos parents où les fruits les nourrissaient en abondance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Mes bêtes mangent les herbes qui veulent nous envahir et créent, elles aussi, le second jardin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Balivernes&amp;nbsp;! L’homme doit montrer qu’il n’est pas une bête, par un travail qui porte ses fruits.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Mais les fruits du premier jardin ne requéraient aucun travail, ils croissaient tout seuls comme le font mes bêtes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ce que tu es bête&amp;nbsp;! Nous ne sommes plus dans le jardin, ici il faut une volonté, une action&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Rappelle-toi le récit de nos parents, ce jardin à la beauté incomparable qui vivait un éternel printemps avec ses arbres perpétuellement fleuris et ses fruits toujours mûrs. Tout cela est perdu, ce jardin ne peut se retrouver sur terre. Nous n’avons plus que la ressource de le cultiver dans notre coeur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;la mère passe ente ses fils pour aller déposer les parfums sur l’autel&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 5 - Embauche&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L’aîné - Tu veux cultiver ton coeur... Très bien&amp;nbsp;! Mais avec ça tu ne nourriras jamais personne. Moi, par l’observation attentive de la nature et de ses lois, je construis patiemment mon oeuvre qui est le gain d’un monde vivable. Vois comme les mauvaises herbes reculent devant ma volonté et comment les bonnes plantes croissent magnifiquement sous ma protection&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Par la cueillette des légumes on ne peut nourrir que le corps, le sentiment de l’éternité se trouve ailleurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Sans doute le trouve-t-on davantage à regarder des brebis brouter... Comme si la sauvagerie était pure et que la culture ne l’était pas&amp;nbsp;! En attendant, je ne veux pas voir tes bêtes s’approcher de mes plantations. Le mal que je me donne n’est pas pour nourrir les paresseux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Elles vont et elles viennent, qui pourrait les en empêcher.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Prends garde que je ne supprime toute cause de perte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je ne veux pas te voir perdre quoi que ce soit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Alors dans ce cas, tu dois venir m’aider pour que je puisse planter et récolter encore plus. A nous deux, nous ferons de la vallée un nouveau jardin pareil à celui que nos parents ont perdu mais qui sera borné et mesuré et la malédiction sera abolie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Nous devons aller chacun notre chemin, le tien est inscrit dans la marche du temps&amp;nbsp;: il te faut toujours aller de l’avant, plus loin, plus haut, plus fort... Tu veux construire l’avenir parce que dès le début l’avenir marchait en toi. Pour moi c’est différent, le temps ne s’écoule pas l’avenir est déjà passé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Je ne veux plus entendre tes jérémiades. Il faut que tu viennes m’aider dans mes cultures. J’en ai le plus profond besoin et si tu es mon frère tu ne peux pas me refuser ton aide&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je ne ta la refuse pas, mais elle se limite forcément à ce que puis faire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Allons donc, tu n’as qu’à faire ce que je te dis, ce n’est pas plus compliqué que cela&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Une autre voie m’appelle&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu crois entendre des voix... Ah, je ne peux plus souffrir de t’entendre tergiverser sans cesse, vas-tu enfin regarder les choses en face ou faudra-t-il que je te prenne une bonne fois en mains&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 6 - Mise en place&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;La mère - Mes enfants soyez fraternels&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Il ne l’est pas lui, qui refuse de venir m’aider à planter. Mon frère, né après moi, veut regarder grandir ses bêtes en baillant aux corneilles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Est-ce vrai mon puîné&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Que ferais-je alors que je n’y connais rien et que je n’y vois pas d’intérêt&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu n’as pas besoin d’y voir un quelconque intérêt quand je le vois pour toi. Et comme j’ai la connaissance, tu n’as qu’à me suivre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Ecoute ton frère, il t’offre une place.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - La place que je n’ai pas eue en naissant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Ton frère était le premier que j’acquis, tu es venu par superfétation incidente, ainsi va la vie&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je dois me contenter de ma place... digérer mon appétit, car sinon que faire&amp;nbsp;? Mais je ne puis aller au-delà.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ton inappétence de la vie et de ses bienfaits est une impudence et pourrait devenir de l’imprudence. D’ailleurs j’ai de l’appétit pour deux alors inutile de chercher midi à la fin du repas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je rêve des premiers temps, quand la lumière illuminait le monde de telle façon que rien ne venait à manquer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ce temps là est fini&amp;nbsp;! Aujourd’hui, moi le premier né, de mes mains je plante j’arrose et je finis par récolter. Ne crois-tu pas que je serais content de regarder pousser ces fruits sans compter ma peine... Je me dois de compter sur toi, il n’y a pas d’autre possibilité&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je dois m’occuper de mes bêtes&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Allons donc&amp;nbsp;! tes bêtes n’ont besoin que d’un regard de temps en temps et avec le temps que tu as en trop tu peux facilement venir alléger ma peine. C’est ton intérêt de le faire car tu en profiteras amplement et tu auras aussi désarmé ma colère.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Je ne veux point voir de désaccord entre vous&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Tu vois combien ton attitude est néfaste et n’offre pas place à la paix du coeur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Vous éteindrez vos querelles en allumant le feu sacré de l’offrande&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Qu’avons-nous à offrir quand tout nous a été retiré&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Devant la caverne aux trésors ornée par votre père sur l’autel où brûlent les parfums dont les effluves montent et s’adressent au Père céleste, vous placerez ce que vous avez de mieux et Il vous agréera.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Mon père viendra-t-il, présider à cet office&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Le bruit de vos disputes tient votre père à l’écart de ce lieu sacré et il ne désire maintenant rien de mieux que la solitude. Je suis là pour me charger de vous. Procédez à vos offrandes par vous-mêmes. Si le Père céleste les agrée peut-être le premier jardin nous sera-t-il rendu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - C’est à moi qu’il reviendra&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - À toi mon premier né d’être encore le premier, va !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://prosopon.theatre-contemporain.net/public/prosopon/Cain_conduit_Abel___la_mort.jpg&quot; alt=&quot;Cain_conduit_Abel___la_mort.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte III - détermination&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 1 - Songe&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;ins&gt;seul, l’aîné dort d’un sommeil agité&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Que vois-je&amp;nbsp;? Mes enfant et les enfants de mes enfants peiner à reprendre, sous un soleil de plomb, sans cesse et sans trêve le même travail dont les bénéfices leur échappent toujours. Et ne voilà-t-il pas qu’un troupeau moutonnier va et vient tout autour en bêlant d’aise et de paresse. Toutes les douceurs, toutes les consolations et les plaisirs qu’on peut trouver sur terre, sont donc destinés à cette race d’efféminés voluptueux. À eux le luxe capiteux, à nous l’effort et l'indigence. Mais quelle provocation&amp;nbsp;! De leur lit de fleurs tapissé de parfums, vont-ils nous réduire en esclavage dans la boue et le sang&amp;nbsp;? Plutôt être englouti par la terre et descendre jusqu’au fond des fonds que de souffrir pareille déchéance. Les hommes ne se laisseront pas voler leur avenir et leur juste révolte mettra fin à cette douce tyrannie. La terre appartient à celui qui la creuse, la viole et lui fait des enfants par droit héréditaire et non à ceux qui se prélassent sur sa peau comme des parasites suceurs de sang. Sus à cette vermine&amp;nbsp;! Il faut se redresser, remettre les pieds sur terre et les mains vers le ciel... Le monde appelle la race des hommes à son secours, il faut le secouer, le creuser, le bâtir. C’est le mandat de la force, de la détermination, du désir... Il faut que tout se tende et s’unisse pour accomplir ce destin, rien ne doit l’arrêter, rien ne peut l’empêcher, tout ce qui se dressera en obstacle sera balayé comme un fétu, écrasé comme un ver... Ahhh, quel rêve&amp;nbsp;! Quelle leçon, tout cela est limpide&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 2 - Trahison&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L’aîné - Mère, enfin te voilà, apaise les tourments qui entourent mon âme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Qu’y puis-je, mon enfant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Mais enfin, tu as vu sur l’autel&amp;nbsp;! Comment une telle chose est-elle possible&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Le possible est toujours plus grand que notre esprit, mon fils.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Enfin, pourquoi mon offrande a-t-elle été rejetée&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Pour s’adresser au Père céleste à partir de la terre où nous sommes tombés, nous devons lui faire une offrande qui ne soit pas sortie de cette terre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Mais tout ce que nous avons sort de cette terre qui nous nourrit et que j’ai soumise pour cela.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Le Père céleste et la créature terrestre ne se nourrissent pas des mêmes choses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Mais qu’avons-nous à offrir si ce n’est notre nourriture&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Au-delà de la nourriture, nous lui devons la vie et de cette dette nous devons témoigner par l’offrande de ce qui symbolise la vie, le sang&amp;nbsp;! Le sang doit couler sur l’autel pour que le sacrifice monte jusqu’au ciel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Qu’est-ce à dire, les légumes ne saignent pas&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Tu aurais dû y penser plus tôt.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Mais j’ai offert ma sueur qui est faite de mon sang et qui coule sur ma peau comme il coule dans mes veines.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Ne confond pas la vie avec son résidu, ce serait un blasphème.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ah, toutes les peines que je me suis infligées s’unissent maintenant dans mon corps pour ne plus former qu’une seule grande douleur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - On ne peut se mettre en règle avec Lui par aucun autre moyen. L’homme est perdu, mais au moment du sacrifice il peut retrouver une parcelle de grâce s’il sait comment la recevoir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Je croyais par mon rang et par mon ardeur avoir mérité de prendre la première place et voilà que l’on me reproche mon existence même.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La mère - Attention, ne te laisse pas gagner par la convoitise, ne laisse pas le dépit enlaidir tes traits et envahir ton coeur. N’écoute pas les mauvais conseils de la colère et va retrouver ton frère qui peut t’apporter ce qui t’a manqué pour accomplir dignement le sacrifice exigé. Tu es l’aîné, tu ne dois pas l’oublier et je compte sur toi.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 3 - Explication&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L’aîné - Je suis l'aîné, j'ai donc droit de vie et de mort sur toi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Si c’est un droit il ne peut revenir qu’au père.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - En son absence, je le remplace, je te parraine. Tu ne peux t’opposer à ma volonté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Tu as toujours tenu à m’assujettir, comme de tenir un droit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Je me tiens droit sur mes jambes car j’ai été conçu idéalement, ma force en témoigne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je vois que ton cou est bien raide.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Et toi tu es courbé de nature, prêt à plier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Je plie pour ne pas rompre, mais je n’ai pas la courbure intérieure qui ramène à l’origine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Mon origine est le premier jardin, je suis le fils du monde sans tache.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Tu es le fils du serpent. C’est pour cela qu’aucune fumée n’est montée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Prends garde, qui ne veut pas fumer le shilom de la paix avec moi, pourrait au mieux aller fumer la terre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - La vie sur cette terre ne laisse de choix qu’entre manger ou être mangé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Exactement&amp;nbsp;! Et celui qui vit longtemps en mange beaucoup d’autres avant d’être lui-même mangé. On dirait que la vie se borne à cela dans ce monde dur où on ne trouve ni récompense pour les bonnes actions, ni châtiment pour les mauvaises, car sinon pourquoi ton offrande aurait-elle été agréée et pas la mienne&amp;nbsp;? Tout cela est absurde&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;un agneau arrive et se couche sur le flanc, le puîné et se penche sur lui après avoir lâché son bâton de berger, l’aîné s’en empare et veut le frapper par derrière, mais le puîné se retourne en faisant un écart, pose un pied sur le bâton au sol et lance ses mains en avant comme dans un geste de prière qui fait reculer son frère&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Nos intentions font résonner le monde autour de nous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu n’es pas aussi bête que tu en as l’air&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Elles parlent de nous et s’inscrivent dans l’air du temps avec nos actions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu es un beau parleur, un fin raisonneur, mais tu n’as pas encore ma place.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Que ferais-je de ta place, je préfère n’en avoir aucune.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu serais bien modeste à t’entendre, mais devant l’autel tu as su me devancer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je n’ai rien fait pour cela, tout est venu de toi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;la mère apparaît et regarde ses fils l’un après l’autre, cache son visage dans ses mains et s’enfuit&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 4 - Rage&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L’aîné - L’arbre est mon double, il est rouge maintenant... Signe que les temps ne sont plus à la sève mais au sang. Chacun à sa place, Il n’y a pas moyen de revenir en arrière&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Je ne suis qu’un souffle, comment pourrais-je m’accrocher à une place qui ne m’a jamais été donnée&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Devrais-je me soucier de toi quand je ne t’ai vu que batifoler au lieu de m’aider. Tu veux garder ton troupeau et le reste mais je ne suis le gardien ni de tes bêtes ni de toi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Ce n’est pas mon destin d’être gardé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Faudra-t-il que j’efface ton sourire pour ne pas te voir heureux quand je suis misérable et pour ne pas rester humilié face à un tire-sève superflu qui me rend malade&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Pour guérir cette maladie, tu dois trouver la voie de la paix et la suivre. Alors ton offrande sera agréée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tu ne veux pas renoncer à m’abrutir de tes fadaises. Tu cabales contre moi et manigances le tort que tu veux me faire comme celui que tu me fais déjà... Il faudra bien que je le mette hors d’état de me nuire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - À quoi bon s’arrêter à ces choses qui sont comme la pluie qui sèche et la poussière qui s’envole... le temps et l’espace nous emmènent vers ce qui a été voulu pour nous. Tu le verras toi aussi le temps venu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Balivernes&amp;nbsp;! Tu ignores ma présence, tu méprises ma colère, tu nargues mon courage, tu m’étouffes... D’où peut te venir cette force mauvaise&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné -Rien de tout cela n’a d’importance, le temps rabattra les mauvais plis comme la brise légère qui caresse le monde chasse le vent mauvais. Le jardin dans mon coeur continue de fleurir et ses parfums se répandent sur ce monde enchaîné pour le rendre bénéfique. Ainsi vont et viennent mes pensées, comme mes blanches brebis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - J’avais cru qu’avec toi pour me seconder, je pourrais jeter les bases d’un monde nouveau libéré des anciennes subordinations. Mais, tu n’y as pas ta place. Tu freines toute action... Cependant peut-être as-tu raison sur un point&amp;nbsp;! Je pourrais être fils du serpent, le dieu rationnel du savoir universel. C’est lui qui, sans partage, est l’unique origine de la science et de la technique, les seules choses qui nous protègent de l’arbitraire et qui permettent de demeurer avantageusement dans ce monde. Car s’il y a une logique à la base de tout je sais que je peux la comprendre et me poser dès lors en cause de tous les effets à venir. Je soumettrai les éléments.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Si tel est ton désir je n’y ferais pas obstacle, nous aurons chacun notre monde.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Il ne peut y avoir qu’un seul monde, mais avec toi pas d’avenir, pas de progrès possible, tandis que moi, par la force de mes bras seuls... ou avec d’autres qui viendront plus tard en renfort, mon désir accomplira de grandes choses et tout ce qui sera au monde viendra de moi et me reviendra.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - De ce faux culte l’autel sera une serre chaude, qui rassemblera tous les fruits que la chair désire au point de s’en faire un impérieux besoin. Mais cet empire finira par s'écrouler avec tous ses ornements adorés quand il apparaîtra qu’il n’aura répondu à aucune question.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ah, pire qu’un serpent, tu veux m'entortiller... S’il faut du sang prends garde&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Ça fait longtemps que tu prépare ton coup, celui que je ne rendrai pas.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Scène 5 - Accomplissement&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;L’aîné - Il est comme un autre moi-même, un double négatif que je me dois d’effacer pour que la véritable image ne soit pas altérée. Ainsi je deviendrai moi-même un autre et de là, la grande histoire pourra commencer à onduler.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - La langue fourchue s’est tue, elle va maintenant droit dans le soliloque. Plus de face à face, il ne se parle plus qu’à lui-même et ne veux plus rien entendre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Tant qu’il respire l’air me manque... Son être est la négation du mien, sa concurrence néfaste m’empêche d’occuper mon univers entier dans toutes ses dimensions. Une fois débarrassé du dilemme que constitue l’existence de ce “peine à jouir” et “jouis sans peine” tout ce dont j’ai rêvé pourra s’accomplir sans que je ne m’use davantage à chercher des mots pour convaincre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Ses mots deviennent plus meurtriers que jamais et après ceux-là que reste-t-il... des siens et des miens&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Qu’aurais-je encore à lui dire quand tout est déjà dit&amp;nbsp;? Qu’il y aurait-il encore à expliquer à qui ne veut pas comprendre&amp;nbsp;? Il n’en vaut certes pas la peine... Mais il en vaut bien le coup, car s’il ne sert à rien d’élever la voix, ne faut-il pas que j’élève la main pour l’abattre&amp;nbsp;? Si elle fouette l’air, le sang d’un agneau imprévu va fumer. Alors à mon tour je serais agréé quand le monde va rougir&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - C’est comme une lèpre prête à se répandre sur le monde. Ai-je fait tout ce que je pouvais pour éviter cela ou me suis-je trompé du tout au tout en attisant malgré moi le feu que voulais éteindre&amp;nbsp;? Il est trop tard maintenant pour y penser davantage et pour y changer quoi que ce soit. Il ne reste plus qu’à boire la coupe du vin amer... Ou fuir... Mais il me trouvera partout, mon dernier droit est de choisir mon endroit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Ah, il va me payer tout ça&amp;nbsp;! Et que le Père céleste, qui est la cause de tout, le trouve dans le sol et y trouve son compte car je n’ai de feu que celui de ma colère. Elle est montée, elle redescendra sur celui qui l’a allumée, rouge comme le feu et rouge comme le sang. Ainsi soit-il&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le puîné - Arrivé au bout de mes mots, ma force réservée va-t-elle s’élever contre la sienne pour me défendre&amp;nbsp;? Dois-je me débattre face à cette fureur&amp;nbsp;? Voilà ce qui m’a été interdit de toutes parts. Depuis le premier souffle... Ma vie est l’argument ultime de ce douloureux débat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - Peu importe d’ailleurs la couleur du sang&amp;nbsp;! Il disparaîtra dans le sol comme une libation. Je n’aurai pas d’yeux, je serais invisible à moi-même et Celui qui voit sans être vu ne me verra pas non plus... ou s’Il veut quand même y jeter un oeil qu’Il ne m’en rebatte pas les oreilles, Il l’aura bien cherché !... D’ailleurs, Il l’avait toujours ignoré, alors était-ce à moi de lui accorder une importance&amp;nbsp;? Non, comme ce corbeau qui gratte et creuse le sol j’y enfouirai ma mémoire sans remord. S’il y a quelque chose à dominer c’est bien cela et je n’entendrai de ma voix intérieure que ce qui m’avance. Je redeviendrai ce que je n’aurais jamais dû cesser d’être, en dehors de toute cette bizarrerie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ins&gt;en entendant ces paroles le puîné s’enfuit et échappe à la vue&lt;/ins&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’aîné - C’est ça, hors de ma vue&amp;nbsp;! Mais il n’ira pas loin. Ainsi en ira-t-il de tous ceux qui me porteront ombrage, car ce qui vaut pour un vaut pour tous. Toute ma force vient de ma détermination et la raison du plus fort est bien sûr la meilleure. Ce sera là toute l’histoire, car c’est désormais la règle qui dominera le monde et vaudra aussi pour l’humanité entière, s’il en est. Mais si j’y songe, je ne peux imaginer qu’elle s’applique également à moi... Cette pensée me serait trop lourde à porter. Il faut que mon Père du haut du ciel me protège par un signe quelconque, un signe impérieux et qui s’impose à tous... qu’on le remarque, qu’il intrigue et paralyse tous les bras. C’est le point nodal car il le faut, sinon l’avenir ne pourrait être... et l’avenir doit être. Allons&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;ins&gt;l’aîné le suit... un cri retentit... il réapparaît les yeux injectés de sang avec une expression bestiale sur le visage et revient lentement au centre, la nuit descend&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’aîné - C’était lui ou moi&amp;nbsp;!
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://prosopon.theatre-contemporain.net/public/prosopon/Cormon__Cain_flying.jpg&quot; alt=&quot;Cormon__Cain_flying.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>X Y Z, une pièce facile à monter : un seul décor, trois personnages.</title>
    <link>http://prosopon.theatre-contemporain.net/post/2007/04/12/test</link>
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    <pubDate>Thu, 12 Apr 2007 11:35:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Frédéric d'Artois</dc:creator>
        <category>pièce</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Le premier homme rencontre la première femme, surprise, ravissement&amp;nbsp;! Ils se reconnaissent d'abord et se connaissent ensuite. Mais quelqu'un troubla la fête...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà toute l'histoire en un seul décor. Qui s'en plaindra&amp;nbsp;? Mais pour les trois personnages c'est autre chose, ce petit comité pouvant rebuter certaines riches compagnies. Plusieurs solutions sont alors envisageables. Premièrement celle qui consiste à faire interpréter un même personnage par une succession d'acteurs, comme ce fut le cas, par exemple, en 1977 dans le Macbeth de Memet Ulusoy, où le rôle titre fut tenu par quatre comédiens différents dont une comédienne. Une autre approche serait de découvrir des rôles cachés, comme celui de Lilith évoquée par &quot;elle, elle&quot; dans le texte qui, cela va sans dire, pourrait faire l'objet d'une apparition. Mais la méthode la plus féconde pour peupler la scène serait sans doute celle qui fut mise en oeuvre par le Théâtre Français, l'année dernière, avec Les Fables de la Fontaine, où des acteurs interprètent les animaux, par moments sans parole. Ainsi, dans X Y Z (où nous avons déjà un serpent locace) le lion, la biche, le zèbre, la panthère, la tortue, entre autres, pourraient donner lieu à une interprétation sans parole et même, dans le cas du perroquet, avec.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://prosopon.theatre-contemporain.net/public/prosopon/Chapelle_Sixtine.jpg&quot; alt=&quot;Adam et Eve&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Actes I, III, et V, le reste sur demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://prosopon.theatre-contemporain.net/public/prosopon/1_07a.jpg&quot; alt=&quot;1_07a.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ACTE I (fraîcheur)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Scène 1&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - aaah&amp;nbsp;! Mmmmh&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - parler&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - parler, pourquoi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pour dire&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - avec quoi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - avec des mots&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ces parcelles de voix qui sonnent à nos oreilles&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - elles nous réunissent dans le concert général et nous guident de leur sagesse&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et que sont les lettres&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - les lettres viendront après nous dire ce que nous sommes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - les mots sont plaisants mais s’ils ne veulent rien dire&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais moi, je veux dire...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - qui es-tu, toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - celle qui s’adresse à toi par ce mot&amp;nbsp;: toi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est le même mot que j’utilise pour toi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est comme moi, et quand je dis “je” c’est encore comme toi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - “je” est un jeu qui nous unit toi et moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - toi et moi c’est bien pareil&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 2&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - et toi, tu es bien une personne n’est-ce pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - oui, je crois bien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors est-ce que “toi” est ton nom comme personne&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, puisque c’est aussi toi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et l’autre, qui est-il&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ce n’est pas moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - est-ce donc moi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, toi tu es comme moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors il n’y pas d’autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tant qu’il y a toi et moi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je suis toi et tu es moi... ou le contraire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu es à la fois toi et moi, vois nos deux corps si semblables&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - le même, mais en même temps l’autre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est pour ça qu’il y en aura d’autres&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comment puisqu’il n’y a que nos deux “toi”&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - l’autre aussi est possible&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est curieux, faut-il que nous soyons plusieurs&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 3&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - nous avons parfois le même nom&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - parce que ce n’est pas un nom comme celui des bêtes, des animaux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - sommes-nous cependant différents&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - différents d’eux&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - sommes-nous deux ou un&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous sommes deux et un à la fois&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comment une fois deux peut-elle faire un&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - parce que tu fais partie de moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et pourquoi pas le contraire&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - parce que Lui l’a voulu&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - que veut dire&amp;nbsp;: Lui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cela veut dire que Lui existe&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - on ne peut pas dire&amp;nbsp;: “Lui n’existe pas !”&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cela voudrait dire que nous n’existons pas non plus, moi d’abord et toi ensuite&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourquoi faire toi et ensuite moi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - parce que le “deux d’un coup” n’avait pas marché&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quels sont ces deux-là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - eh bien&amp;nbsp;! moi et elle, elle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - que s’est-il passé alors&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - l’égalité stricte a posé un problème&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et comment cela s’est-il terminé&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - elle, elle est partie et je me suis senti triste&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors Lui peut se tromper&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui ne peut se tromper, son savoir est sans limite&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - le fait est que maintenant je suis là, à la place de cette elle, elle, comment est-ce arrivé&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - une torpeur m’a pris et je n’ai plus vu le monde qui nous entoure. J’ai glissé dans un autre monde à la fois proche et lointain... Et là je l’ai revue un instant, elle, elle était accompagnée d’une figure inquiétante et à ce moment, issue de ce que Lui avait déjà fait pour moi, tu apparus à mon côté, comme l’amadou prêt à s’enflammer. J’en étais transporté et soudain j’ai eu peur qu’à ton tour tu t’enfuies, attirée par ces créatures de la lisière du monde. Pourtant, quand je suis sorti de mon sommeil tu étais là, toi l’inconnue qui croise mon destin, la lettre X&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui a voulu qu’avec moi tout recommence&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais Lui ne voulait pas que tu sois par trop ma semblable comme elle, elle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui nous voulait donc différents&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - oui, pour que tu puisses répondre à côté&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous sommes deux réponses possibles&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et un, en même temps&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 4&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - l’unité est notre raison d’être&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous sommes un, ou nous est un&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous est un, mais nous ne sommes pas seuls, Lui est là avec nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui est Un aussi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est l’Un&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors avec le monde cela fait deux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - peut-être que Lui fait Un avec le monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - si Lui fait Un avec le monde il est vraiment tout seul&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - sauf que nous sommes là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais avant nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je ne sais pas ce qu’était avant nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - avant nous n’y avait-il personne&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - avant toi, il a eu cette autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - dans ce cas il devait y en avoir aussi un autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - comment en arrives-tu là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - par le principe qui, avec l’un, fait aussi l’une et vice versa&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - qui parle d’un tel principe&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est mon intuition, ou bien, c’est toi qui m’en parle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tout existe parce que Lui l’a voulu&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors ce que Lui ne veut pas n’existe pas&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - oui, grâce à notre soumission&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 5&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - Lui a voulu un monde pour nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - donc Lui n’est pas le monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - le monde c’est la création&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors le monde c’est nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, nous sommes les créatures&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - le monde d’une part et les créatures en son milieu&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pendant que j’étais seul, je pensais ne faire qu’un avec le monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quand on est seul... c’est tout l’un ou tout l’autre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - l’autre dont tu as l’intuition&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - non l’autre que nous sommes pour chacun alors que Lui est l’Un&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est vrai&amp;nbsp;! Lui peut nous nommer tandis que nous...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous disons Lui&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ce n’est pas un nom, c’est presque comme toi et moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais nous pouvons nommer les bêtes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est comme ça qu’elles sont à nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est idéal&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - quand je te nommerais, tu serais à moi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - si j’acceptais de m’y reconnaître&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et sinon&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - sinon ce mot resterait lettre morte&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est une idée insupportable&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est ce qui nous distingue des bêtes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est vrai&amp;nbsp;! nous ne sommes pas comme elles&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais comme elles, nous batifolons sur l’herbe folle...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est pour nous le plaisir le plus pur, le vois-tu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - dans l’ambiguïté qui marque mon corps et le centre du monde, je ne vois que toi. Comme l’arbre qui part de la terre pour toucher le ciel en écartant ses bras, mon double sacré, la lettre Y&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 6&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - on voit bien que nous sommes différents des bêtes, elles ne parlent pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il y a le perroquet qui parle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je dirai plutôt qu’il répète&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu as raison, c’est que nous avons l’esprit&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - qu’est-ce que l’esprit&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est comme un second corps pour mener le premier&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - un second corps, nous sommes alors deux en un&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est ce qui nous redresse, ce que les bêtes n’ont pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il faudrait en faire quelque chose&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais que veux-tu donc&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - construire mon désir d’être et de faire&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - à quoi bon ces mots, tout est fait déjà&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors que faisons-nous là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous ne faisons rien de spécial&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais pourquoi sommes-nous là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pour garder ce jardin, pour nous et pour Lui, à satisfaction&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et que faut-il faire au juste&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - jouir du monde et de nous-mêmes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il n’y a pas de raison spéciale à cela&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est seul à le savoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comme d’habitude&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 7&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - le monde est à nous sous le ciel bleu comme sous la nuit profonde&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tout attendri par la rosée du matin&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - les bêtes y sont comme un paysage animé&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - les bêtes qui sont à nous puisque nous les nommons&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comment se fait-il que nous en sachions les noms&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est Lui qui a voulu que nous les sachions&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - en plus de tous les autres mots alors&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - là, le zèbre, là, la biche, là le lion, là encore le coq... leur nom vient avec eux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quelle coquecigrue, cette relation arbitraire !... et celle-là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est la tortue avec sa carapace&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - non, cet autre bestiau&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ça, c’est un dada&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourquoi ce drôle de nom&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je ne sais pas exactement... c’est un passe-temps qui était toujours là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il est à peu près comme le zèbre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - sans les zébrures&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - les zébrures est-ce que sont des créatures aussi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, c’est une couleur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - la couleur, c’est ce qui marque la différence à l’autre, pas à soi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est comme les rayons qui nous chauffent et créent la différence&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ceux qui nous font changer de couleur&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - sans eux la couleur disparaît et elle revient avec eux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais avec eux la nôtre change lentement, pour les bêtes c’est différent&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - elles sont différentes de nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais aussi différentes entre elles&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 8&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - nous n’aurons jamais fini de les nommer, il y a trop&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous n’aurons jamais fini de vivre non plus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et les bêtes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pour elles c’est pareil&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - est-ce qu’elles se connaissent comme nous les connaissons&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - oui, quand elles vont à la fontaine&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et est-ce qu’elles se connaissent comme nous nous connaissons&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, ce sont des genres et non des personnes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - elles pourraient devenir des personnes si elles se rapprochaient de nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - laissons le lion sous les branches en fleurs avec le daim et les panthères&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et le monde, est-ce une personne&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est une personne mais pas le monde tout seul&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors si le monde n’est personne il faut bien un autre, un grand Autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pourquoi cela&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - parce que sinon rien ne peut arriver&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - rien du tout... et c’est très bien comme ça&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 9&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - rien ne doit arriver, le monde est parfait&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et qu’avons-nous à faire dans ce monde parfait&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous mangeons ces fruits pour notre joie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et pourquoi toutes ces bêtes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - elles sont là pour nous distraire&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous les regardons de loin comme le paysage&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - elles passent et repassent comme des images&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est toujours la même chose&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais quand nous les appelons, elles viennent et ce n’est plus tout à fait la même chose&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est quand je les caresse que je trouve qu’elles nous ressemblent le plus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - parce que tu aimes aussi les caresses&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est ce que j’aime le plus, et toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu dois bien le savoir puisque tu en prends et tu en donnes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - oui, mais je ne sais pas si cela te fait la même chose qu’à moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pourtant si tu es moi... et qu’est-ce que cela te fait donc&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - j’ai le sentiment d’exister, c’est bon comme les fruits&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 10&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - le monde est un jardin fruitier&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - les arbres nous donnent leurs fruits à nous et aux bêtes aussi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - les fruits nous accueillent et nous les recueillons&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et nous cueillons les fleurs pour nous en couvrir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est comme nos caresses&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tous ces arbres merveilleux aux fruits si délicieux sont là pour nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - sauf le grand du milieu&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ah oui&amp;nbsp;! celui-là à quoi sert-il&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il sert à marquer le centre du monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais pourquoi ne pas manger de ses fruits&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est ce que Lui a dit&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - plutôt que le centre ce sont les limites du monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est la limite que nous ne devons pas dépasser, sinon nous mourrons&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous mourrons&amp;nbsp;! Qu’est-ce que cela veut dire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cela veut dire que rien ne va plus, tout disparaît&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui a dit ça pour nous faire peur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, je crois que c’est important&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il faudrait savoir ce que ça change dans la vie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu perdras ton corps, c’est ça la mort&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce corps d’amour n’est pas fait pour la mort&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mieux vaut ne pas chercher plus loin&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 11&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - et à quoi bon toutes ces questions... regarde le loup et l’agneau&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - à quoi sert leur nom&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je les appelle par leur nom&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quand on crie leur nom ils viennent. Est-ce à cela qu’il sert&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, leur nom nous sert aussi à parler d’eux, comme pour les arbres, les plantes...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tout a un nom sauf nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous n’en avons pas besoin puisque nous savons qui nous sommes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui a un nom aussi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, Lui est sans nom&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais qui est Lui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est Lui&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui est aussi dans “son”... dans “sa”... dans “le sien” et dans n’importe quel mot si on veut&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais rien de tout cela n’est un nom&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors Lui est innommable, indéfinissable, comme ce qu’il fait est inqualifiable&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 12&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - Lui ne s’appelle pas, on ne l’appelle pas&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et nous non plus puisque nous sommes à l’image de Lui&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quelle image de ce qu’on ne voit même pas&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est cela&amp;nbsp;: nous sommes l’image de l’invisible&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - est-ce une image où nous pouvons nous reconnaître&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - oui, car elle monte droit vers le ciel&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comment faire la différence entre les images, tous les sans-nom&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui sait ce à quoi, et à qui, tout s’adresse&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - de toute façon je préfère que Lui n’entende pas parler de moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et qu’aurais-je donc à Lui dire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui sait tout de nous mais que savons-nous de Lui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - rien, nous savons simplement que Lui est là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui est là et n’est pas là en même temps, puisque Lui n’est nulle part&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est partout&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est pour cela qu’on ne Le voit pas alors que nous voyons tout le monde alentour&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 13&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - Lui est aussi dans la terre, l’humus, l’adamus&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - sans doute&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et partout dans toutes ces choses, ces bêtes, ces plantes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - partout, à tout instant et pour toujours&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors c’est comme si Lui n’existait pas&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu ne peux pas dire cela, Lui existe en nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et avant nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui existait déjà&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors Lui n’a pas besoin de nous&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais si, Lui a eu besoin de nous puisque nous sommes là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - peut-être que Lui s’ennuyait tout seul&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui n’a pas créé l’ennui&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu ne t’ennuyais pas quand tu étais seul&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je me demandais pourquoi j’étais là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et pourquoi sommes-nous là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - afin que Lui puisse nous aimer&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais maintenant que nous sommes deux nous pouvons nous aimer tout seuls&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - son amour est à l’origine de tout&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et si Lui avait voulu être aimé&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - le désir avant l’amour...&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 14&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - Lui veut être aimé, soit, c’est pour cela que nous sont donnés tous ces arbres fruitiers&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pour que quand nous aimions leurs fruits nous l’aimions aussi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et que nous l’aimions ainsi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais Lui ne se contente pas de cela et nous non plus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous avons les fleurs que nous aimons aussi...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - oui, c’est la même chose&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui nous a aussi donné les bêtes, raison de plus de l’aimer&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais si Lui voulait être aimé pour Lui-même&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - que veux-tu dire avec ça&amp;nbsp;? être aimé c’est suffisant&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - cet arbre au milieu du monde, c’est le sien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et en quoi cela nous gêne-t-il&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est la limite de son amour pour nous, par rapport à Lui, le Très-Haut, il est tout bas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, c’est pour notre bien que Lui nous interdit d’y toucher&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui a créé cette situation autant que tout le reste&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous ne pouvons pas en comprendre la raison&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est bien ce qui m’ennuie&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 15&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - nous devons aimer sans comprendre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - qu’y a-t-il à comprendre, l’amour est sans raison, comme une obsession&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui est aussi dans l’arbre qu’il est interdit de manger&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est plutôt dans l’autre, celui qui fait notre vie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui serait dans un des arbres et pas dans l’autre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est forcément dans l’arbre que nous mangeons&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Je pense que les deux ont une racine commune&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tout a une racine commune mais celle-là peut nous faire trébucher&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourtant à la fin les goûts peuvent être différents&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - les deux arbres doivent avoir les goûts les plus différents qui soient&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - les goûts sont dans notre bouche et les arbres représentés dans notre tête&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est dans les deux arbres, mais de quelle manière&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’un est ce qu’il veut être pour nous et l’autre est un mystère&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - laissons les mystères là où ils sont&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous pouvons peut-être les percer à jour&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - jouissons plutôt de nos jours et de nos nuits dans notre monde&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - puisque tu ne peux penser à rien d’autre&amp;nbsp;!
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://prosopon.theatre-contemporain.net/public/prosopon/Dionysos_bleu.JPG&quot; alt=&quot;Dionysos_bleu.JPG&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ACTE III (rougeoiement)&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 1&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Z - je suis venu pour toi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - d’où sors-tu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je me suis fait tout seul&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - le résultat n’est pas mauvais&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - tu commences bien&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu as une belle peau lisse, lumineuse, très brillante&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est parce que j’en ai changé&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - qui es-tu donc&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je suis le miséricordieux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - que veux-tu dire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je connais tous les secrets du monde et je te les dirai&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - qu’ai-je à faire de tes secrets&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je n’ai pas de secrets moi, ce sont ceux du monde que Lui a fait&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui ne nous a pas tout donné du monde&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - non, Lui ne vous a rien donné&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourtant je ne manque de rien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - vous n’êtes là que pour faire sa volonté&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et toi pourquoi es-tu là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - pour vous faire connaître la liberté qui vous manque&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce serait quelque chose que Lui ne nous aurait pas donné&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est ce que personne ne peut donner&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors on ne peut jamais l’avoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - il faut la prendre là où elle est&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je croyais que ce que Lui ne voulait pas n’existait pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - quand vous ferez ce que Lui ne veut pas, vous commencerez à exister&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais je fais déjà ce qu’il me plaît, n’est-ce pas suffisant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - non, tu ne peux rien faire de toi-même car tu ne sais rien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - qu’y a-t-il à savoir, sinon que Lui est la puissance du monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui est votre impuissance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu m’ennuis, je m’en vais&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 2&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - ça y est, j’ai rencontré l’Autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - diantre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comme tu dis si bien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Alors il existe celui-là&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il est bizarre, il n’est pas aimé par Lui&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cet Autre n’est qu’un “il” tout petit face à Lui&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - oui, il y a&amp;nbsp;: Lui et il, c’est l’Autre de Lui qui veut être le même&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - si Lui est l’Un il ne peut y avoir ni Autre ni même&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourtant il est là et il y a une certaine ressemblance entre les deux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - laquelle vraiment&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ces deux-là croient tout savoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et quant à la différence&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’Autre veut que nous sachions aussi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et quoi donc&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce que nous ne savons pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pourquoi en savoir davantage&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est ce que je ne sais pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - celui-là n’est vraiment pas de notre monde&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 3&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - mange-tu des fruits comme nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je peux manger tout ce que je vois ou que je sens&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors tu n’appartiens pas à la création&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - la création m’appartient&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - est-ce que tu nous veux aussi pour toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je veux vous en sortir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous ne sommes pas détenus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je vous veux intelligents et même rusés plutôt que nus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - qu’est-ce qu’être nu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est être sans défense&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et à quoi sert la ruse&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - à obtenir ce que l’on veut&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - les deux pourraient ne faire qu’un. Tu ne sais pas ce qu’est l’amour&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je connais l’amour propre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’amour propre est peut être le plus sale&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - l’amour seul vrai est celui qui te permet d'exister enfin&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous existons parce que Lui nous aime&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - bel amour, vraiment, qui vous aveugle, vous emprisonne dans l’ignorance&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’ignorance de quoi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - tiens donc&amp;nbsp;! de la connaissance de l'autre sexe dans la révolte, dans le défi... et ensuite du monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quelles sont ces choses, à quoi servent-elles&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - elles seules répondent à ta soif de vivre, ta soif de l'autre choisi librement&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourquoi Lui me les refuserait si elles sont bonnes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui te les refuse pour capter ton amour à son seul profit, moi je te les offre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 4&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - j’ai revu l’Autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - que raconte-t-il&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il parle de l’autre sexe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il est obsédé de soi-même&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - le sexe, qu’est-ce au juste que cela&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - notre différence qui vient de ce que Lui nous fit homme et femme&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous pouvons alors nous nommer ainsi l’un et l’autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - oui, mais c’est comme les noms des bêtes, avec l’amour en plus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’Autre me dit que l’amour n’est pas l’amour&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - l’amour est toujours l’amour, cet Autre ment&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il y aurait un autre amour, au-delà de ce que nous connaissons&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui est celui qui montre l’amour et ce qu’est l’amour&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’Autre m’a dit que son amour nous aveugle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - comme le soleil, si on veut...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce que l’Autre me dit c’est que Lui ne veut pas que nous n’aimions personne d’autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est cet Autre qui veut être le seul à être aimé alors&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il dit que nous devons choisir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - de quoi cet Autre a-t-il l’air&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il brille froidement de mille feux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je vais aller le voir, je veux en avoir le coeur net&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il se tient toujours près de l’arbre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - comme de juste, voyons voir&amp;nbsp;! &lt;a href=&quot;http://prosopon.theatre-contemporain.net/post/2007/04/12/...&quot; title=&quot;...&quot;&gt;...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ton coeur est-il plus net&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je ne l’ai pas trouvé&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il est pourtant là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - alors, tu l’as vu&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - non, je n’ai rien vu&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il faut le voir pour le croire&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - que faisait-il quand tu l’as vu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il promettait&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il serpente et tu suis ses insinuations&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je me demande qui il est, ce qu’il fait là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - C’est là l’être de la fin, le zigzag, l’esprit à l’envers. C’est le Z, la lettre finale&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 5&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - pourquoi suis-je la seule à te voir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - parce que tes yeux sont déjà à demi ouverts&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ils sont ouverts sur le monde qui est son amour&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est-à-dire qu’ils sont à demi fermés&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - si Lui ne nous aimait plus nous ne pourrions plus vivre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui est votre impuissance et sera votre désespérance&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourquoi de Lui viendrait-il du mal&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - parce que Lui a tout et n'attend rien de vous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et toi peau lisse, qu’attends-tu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - que tu t'opposes à la tyrannie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quel est ton rôle dans la comédie&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je te tends la main et je te dis&amp;nbsp;: “Que veux-tu&amp;nbsp;? Quels sont tes désirs ?”&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et quand je le saurais&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - grâce à moi tu pourras les réaliser... par ton seul mérite, par ta seule décision&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je devrais décider&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - ici et maintenant, secoue tes chaînes&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je n’ai pas besoin de toi&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 6&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - l’Autre me dit que nous pouvons décider&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - décider de quoi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est ce que je ne sais pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - alors à quoi bon&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pour le bon temps que nous en aurons&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu perds ton temps avec des questions sans réponse&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourquoi est-il là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je me le demande&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu vois, toi aussi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il n’existe pas pour moi, cesse de m’en parler&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu ne m’écoutes pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et toi tu écoutes cet Autre sorti de nulle part&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - justement d’où peut-il sortir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais de la création malgré tout, c’est une vieille bête... un serpent&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce n’est pas une bête, il parle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ce n’est pas l’image de Lui non plus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourtant il est bien là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il est là pour toi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il m’intrigue&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu vois, c’est un intrigant&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce qui est intrigant c’est ce qu’il raconte&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - balivernes, il ne sait rien&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 7&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - que sais-tu que j’ignore&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - ha ha ha&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ris donc&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je sais ce que tu veux savoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - à quoi bon savoir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - avec la connaissance du bien et du mal, vous saurez le bien, vous saurez le bon, vous saurez tout&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui sait tout ça pour nous, à notre place&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui est votre stupidité, votre pauvreté, tout ce qui est mauvais&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je ne veux rien savoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - tu ne veux rien savoir, parce que si tu savais, tu ne serais plus la même&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je serais une autre comme toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est cela tout juste et bien plus encore&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - la femme est déjà autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - tu n’es pas la seule femme, avant toi il y en a eu une autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tout ces autres me donne le tournis&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - il faut que tu te tournes vers le savoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - peut-on savoir ce que cette autre est devenue&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - elle, elle est maintenant avec moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - on peut changer comme cela&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui peut rester le même, nous changeons&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 8&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - il n’y a pas seulement un Autre, il y a aussi une autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - quelle autre&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’autre femme&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ah, celle-là&amp;nbsp;! je t’en avais parlée&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais je croyais quand même être la seule au fond&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais tu es la seule, elle, elle est partie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - oui, maintenant, elle, elle est avec l’Autre, comme dans ton rêve&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je n’y comprends rien, Lui a fait cet Autre, et puis elle, elle, et enfin toi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - si tout va par paire il reste à découvrir un autre homme&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ah non, ça n’existe pas&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu es bien sûr de toi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui n’a pas besoin de trente-six images&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - un autre tout comme toi, c’est la même image&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je suis le seul sorti de la terre, à part elle, elle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - on t’appellera terrien, mais il y a d’autres créatures&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cela nous dépasse, n’allons pas plus loin&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourquoi&amp;nbsp;? tu vois bien que nous pourrions en savoir davantage&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 9&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - j’en sais un peu plus, mais ça ne me rend pas plus heureuse&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - parce que tu n’en sais pas encore assez&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quand saurais-je que j’en sais assez&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - quand tu seras comme Lui&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et Lui alors&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui sera jaloux de votre liberté et de votre raison&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - est-ce possible&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est possible, regarde-moi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je ne vois qu’un corps bleuté qui brille. Quel créature es-tu, homme ou serpent&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je suis le vrai, Lui n’est que l’imposteur de l’amour, un leurre pour vous égarer&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais Lui sait tout&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui sait tout mais veut être seul à savoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourtant tu sais aussi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - parce que je l’ai voulu&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - vous êtes alors les deux mêmes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - non, car moi je veux que vous ayez la liberté d’être comme moi, au contraire de Lui&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous ne savons pas ce qu’est la liberté&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je te dirai comment la prendre, et vous aussi vous saurez tout, vous aurez tout&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - j’en ai assez&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 10&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - l’Autre veut nous donner la liberté de tout savoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - qu’est-ce que cela veut dire que tout savoir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est savoir ce qu’il faut savoir pour être libre de faire ce que l’on veut&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais nous faisons tout ce que nous voulons déjà&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous ne savons pas ce que nous pourrions vouloir de plus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je ne comprends pas, je veux ou je ne veux pas&amp;nbsp;! qu’y a-t-il de plus&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu ne vois pas au-delà de ce que tu veux. Le monde est peut-être plus grand&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et s’il est plus grand, que m’importe&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il y a peut-être plus à vouloir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu veux vouloir plus, quand tu n’as qu’à vouloir pour avoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je veux savoir pour vouloir&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 11&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - je t'écoute, que voulais-tu me dire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - écoute bien&amp;nbsp;! il faut que tes yeux s’ouvrent&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - sur quoi donc que je ne verrais pas&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - si tes yeux s’ouvraient comme les miens, tu verrais ce monde transformé d’une manière ahurissante par votre descendance. Eclairés par le feu que je vous apporte, une multitude d’acteurs vont rivaliser de talents pour aller toujours plus haut, plus loin, plus fort. Ils asserviront la terre, l’eau, le feu et même l’air ou son absence&amp;nbsp;! Pour finir par créer ce que Lui n’a jamais voulu vous donner, ce dont il n’a jamais été rêvé pour vous. Ce sera un monde plein d’opportunités soumis à la loi du désir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comment croire que Lui pourrait nous tromper&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui vous dit bien que vous êtes ses créatures les plus aimés, n’est-ce pas&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - oui, puisque nous sommes son image&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - alors pourquoi n'avez-vous pas le droit de manger les fruits qui s’offrent à vous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais si nous les mangeons, de tous les arbres sauf un&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - et pourquoi ne pouvez-vous pas toucher de celui-là&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je ne le sais pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est justement parce que tu n’en as pas mangé&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu te mors la queue&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 12&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - c’est vrai que nous ne pouvons pas tout faire&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pas du tout&amp;nbsp;! où vois-tu cela&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - eh bien&amp;nbsp;! cet arbre-là pourquoi n’en savourons-nous pas les fruits&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - parce qu’il y a cet arbre là qui est le plus important, et nous avons aussi tous les autres&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - oui, mais celui-là nous ne pouvons pas le toucher&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais enfin quel intérêt&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - si Lui nous l’a interdit c’est qu’il y a bien un intérêt&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui nous l’a interdit parce que c’est notre intérêt&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais Lui savait aussi que cela deviendrait intéressant&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - intéressant pour qui&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ça l’est déjà pour cet Autre qui n’arrête pas de m’en parler&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ce n’est pas une raison pour l’imiter&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu ne me comprends pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est à y perdre le goût des fruits&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je veux me sentir tout à fait bien&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 13&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - te revoilà&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - qu’est-ce le bien et qu’est-ce le mal&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - où mène cette question&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est la question fondamentale&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - qui sait&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - Lui le sait bien autant que moi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et moi comment le saurais-je&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - en mangeant le fruit de cet arbre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais puisque j’en mourrai&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - non, tu n’en mourras pas, et tu seras comme Lui et moi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comme Lui et toi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - connaissant le bien et le mal, ce mélange étonnant qui contient tout&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce qui veut dire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - tout savoir donc tout pouvoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et pourquoi faire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - pour vivre ta propre vie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et maintenant que fais-je&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - rien, car tu ne décides pas pour toi-même&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - quoi que tu en dises c’est pourtant bien ce que je fais, à ce qu’il me semble&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - il te semble seulement, parce qu’en réalité tu n’es libre de rien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourtant mon compagnon fait ce que je veux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - alors montre-lui le chemin&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 14&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - veux-tu connaître le bien et le mal&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - qu’est-ce que c’est que cela au juste&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - veux-tu être libre&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - qu’est-ce que ça veut dire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pouvoir&amp;nbsp;! l’Autre me dit que nous ne sommes pas libres&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pourtant nous faisons ce que nous voulons&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous ne mangeons pas les fruits de l’arbre qui est au centre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - encore&amp;nbsp;! mais tu n’en avais pas envie avant de rencontrer cet Autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - Lui nous l’a interdit, l’Autre n’a rien à y voir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - est-ce suffisant pour en avoir envie&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’Autre me dit que si nous mangeons les fruits de cet arbre, nous saurons&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - que saurons-nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tout ou assez peut-être&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - assez pour quoi faire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tout peut-être&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - est-ce que ce n’est pas dangereux&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - peut-être, mais nous ne pouvons pas le savoir en ne sachant rien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - savoir tout va nous corrompre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - qu’en sais-tu&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je sais notre innocence&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ne rien savoir, même pas qu’on ne sait pas, tu appelles cela l’innocence&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 15&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - en tout cas, perdre son innocence c’est aussi aller de l’avant&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais où veux-tu aller&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - là où je pourrais choisir ce que je suis, me connaître&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Lui a dit que si nous goûtons la connaissance, nous mourrons&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais nous ne savons pas ce que cela veut dire au juste&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mourir, c’est tout ce que l’on ne veut pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comment peut-on avoir envie de ce qu’on ne veut pas&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tout cela va trop loin pour nous, c’est pour cela que Lui nous l’a interdit&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - si Lui nous l’a interdit, c’est que nous pouvons en avoir envie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - notre faim est rassasiée autrement&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais notre soif&amp;nbsp;?
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://prosopon.theatre-contemporain.net/public/prosopon/1_07b.jpg&quot; alt=&quot;1_07b.jpg&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
ACTE V (mâchefer)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Scène 1&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - c’était mal&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comment peux-tu dire que c’était mal, puisque sans cela nous ne le saurions pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais maintenant nous ne pouvons plus l’ignorer&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il faut y réfléchir, était-ce si mal que cela&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’était mal puisque Lui ne le voulait pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais si c’était, quoi que ce fut, c’est aussi parce que Lui l’a voulu&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - Est-ce Lui qui l’a voulu ou bien toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’Autre l’a voulu avant moi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu vois ta faute que tu veux rejeter sur l’Autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - est-ce mal de savoir ce que l’on fait&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - est-ce bien de savoir qu’on fait mal&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - s’il faut connaître le mal pour s’en garder, que faisions-nous quand nous ne savions rien&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous ne faisions rien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous ne savions pas ce que nous faisions&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et maintenant pas davantage. Nous nous interrogeons seulement, quel avantage&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous trouverons&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - si Lui le veut&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Scène 2&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - je vois maintenant que tu m’as trompée&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - si tu le vois c’est que je ne t’ai pas trompée&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu es bien enroulé comme un serpent, tu m’as trompée sur tes désirs&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - vous étiez à son image, comme des idoles idiotes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - et maintenant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - vous êtes à ma ressemblance, ceux qui peuvent choisir leur destin&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est bien ta liberté que tu voulais et pas la nôtre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - vos libertés sont ma liberté comme mes libertés sont la vôtre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ma liberté ne me porte pas forcément vers toi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - le ruisseau qui traverse vous amènera à moi comme un sentier à chèvres&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est le chant du bouc qui s’annonce&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - c’est mon chant qui t’attire. Viens, c’est le moment&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pourquoi maintenant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - parce que maintenant tu es complète&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - pareille à la première femme&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - oublie-la&amp;nbsp;! viens, je vais te montrer la valeur du serpent&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu es l’envers de l’homme, je retourne vers le mien, celui que j’aime&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - je pourrais te prendre de force, mais il te lassera vite&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu es fourchu de la langue à la queue&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Z - ha ha&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 3&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - son venin est venu et je l’ai avalé... vois-tu cela&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cette peau détachée et trouée&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est le visage de l’Autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’était donc un masque sur la gueule d’un serpent&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous ne connaîtrons jamais son vrai visage&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il reviendra comme un fantôme, avec une nouvelle gueule&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce sera une nouvelle personne... Et nous, sommes-nous toujours les mêmes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pour l’un et l’autre, je ne crois plus maintenant que nous soyons le même&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - est-ce ainsi que tu m’aimes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - qu’y a-t-il derrière ton visage&amp;nbsp;? Je ne peux pas le savoir...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - derrière le visage qui change et que je peux farder, il y a ce qui ne change pas&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais nous avons changé en mangeant de ce fruit&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - dans notre esprit ou dans notre coeur&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - peut-être même dans notre corps&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 4&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - à quoi sert l’esprit&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - à comprendre le monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - à quoi sert le coeur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - à comprendre l’autre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ce grand Autre&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - aussi celui-là, car il faudra bien le connaître pour s’en garder&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il est subtil, sous sa forme trompeuse et sinueuse  il n’est qu’un esprit&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’esprit est pauvre sans le coeur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cet Autre n’avait pas de coeur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il l’avait perdu je crois&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est ce que nous ne devons surtout pas perdre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu crains qu’à trop de connaissance l’amour ne disparaisse...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cultivons l’intelligence du coeur&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mon coeur me montre de jolies choses&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - sont-elles dans la nature&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - sans doute, mais l’esprit ne les voit pas&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 5&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - tu as maintenant un oeil sur le ventre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je vois que tu en as un aussi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ah oui&amp;nbsp;! vrai... mais ce n’est pas un oeil ou alors il nous regarde l’intérieur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ça ressemble à ton zizi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - si tu veux, mais ça ne sert pas à ça&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je trouve cet oeil très féminin&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - mais tu en as un aussi, crois-tu qu’il fasse une femme de toi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - est-ce que je pourrais être une femme moi aussi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je me demande bien comment&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pourtant maintenant nous nous ressemblons davantage&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comme homme et femme que Lui a fait&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - pour nous unir ou pour nous punir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - cet oeil est la marque de notre nouvelle vie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - un orifice qui n’en est pas un, qui voudrait dire que l’avenir est bouché&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ou que la vie se terminera un jour&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et ce sera la fin de tout&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - non, pas de tout, grâce au nombre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - alors c’est le signe du nombre&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 6&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - nous étions faits pour vivre notre ignorance&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - maintenant nous le savons et pouvons tout savoir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je ne crois pas que nous saurons tout un jour&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - peut-être mais nous pouvons en savoir beaucoup plus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ce grand savoir ne contient-il pas la douleur et la mort&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - la douleur causée par l'idée de l’éternel&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous n’avons plus que la peau sur les os, comme de la corne ternie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous voyons maintenant nos corps&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous ne sommes plus nimbés de lumière&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - une autre beauté est possible&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tes seins sont comme deux beaux fruits sous le soleil et le ciel bleu&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - comme ceux que nous avons mangés&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - encore plus beaux, plus appétissants&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je devine tout ce qui s’y attache&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ce sera le meilleur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - le meilleur et le pire, tout ou rien&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - peut-on faire avec les deux&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il faudra lutter pour garder l’équilibre comme l’insecte sur le brin d’herbe&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 7&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;X - nous voilà faits à son image pour de vrai, lancés sur les chemins caillouteux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - peut-on être encore plus à l’image du Créateur&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - oui, car maintenant nous sommes les créateurs de notre propre vie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - dans quel monde devrons-nous la créer&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - dans le monde de nos désirs, un monde neuf&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ne serait-ce pas plutôt le monde de ses désirs, un monde vieux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - le vieux monde est derrière nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - en tous cas il nous faut maintenant partir douloureusement&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - les gardiens nous chassent, avec leurs gestes enflammés&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tout est à l’envers...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ils ne veulent plus que nous goûtions les fruits de l’ancien arbre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - c’est l’Autre qui nous a chassé avec ses mots venimeux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est nous qui avons choisi de les écouter&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - il en savait bien plus que nous&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il n’y a rien plus rien à envier à cette peau de chagrin&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous avons tout perdu&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il nous reste l’espérance, verte comme la mousse des bois, bercée par le chant des sources&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - qu’en ferons-nous&amp;nbsp;? Où irons-nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous irons vers le soleil à son levant&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - je vois se lever une peine immense&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 8&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - il nous faudra un gagne-pain qui porte ses fruits&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous irons où nous pourrirons, cahin-caha&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ah, belle destinée&amp;nbsp;! est-ce que nous reviendrons un jour&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - un jour peut-être&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et en attendant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - notre amour est cet éternel retour, nous allons vivre notre vie&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais tous les malheurs que Lui nous a promis&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - on s’en moque&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu es brave, tu es belle&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - tu ne me vois plus comme avant&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ce que je ne vois plus je l’imagine&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - une image de plus...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - étions-nous imaginaires&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous étions une double image, extérieure et intérieure&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et maintenant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - une simple image nous reste pour exister&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous avons perdu en réalité&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - avec ce dont nous nous vêtirons nous nous montrerons plus réels&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - en attendant ces feuilles nous cachent plutôt&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - elles cachent ce que nous étions&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - que montrent-elles&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce que nous sommes devenus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - ma chère il y a un os&amp;nbsp;! Tu voulais tout savoir et nous ne savons rien de ce qui nous attend&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ce qui nous attend est ce que nous allons faire. Comme un nouveau jardin, je porterai de nombreux fruits. Je serais la mère d’une grande famille, de toutes les femmes, de tous hommes qui vont peupler le monde, et ce que nous allons faire ensemble sera refait encore et encore pour le meilleur et pour le pire. Mais je ne veux pas songer au pire, il nous détruirait avant même d’avoir vécu. Je ne veux penser qu’au meilleur de l’amour et de la vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - mais nous avons perdu le bonheur qui était l’essentiel de notre liberté&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - la liberté commence maintenant pour de vrai&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - quelle force tu as en toi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 9&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - les cailloux sont durs maintenant&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ils sont devenus eux-mêmes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - regarde les bêtes qui ne semblent plus familières comme avant&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - elles aussi sont devenues elles-mêmes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - et les fruits qui tombent au sol semblent se ramollir rapidement&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - ils ont rencontré leur avenir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - un avenir que l’Autre ne t’avait pas annoncé. Qu’en sera-t-il de nous&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il nous reste un long chemin à faire&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - n’en avons-nous pas déjà assez fait&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - je suis allée de A à Z&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - alors maintenant que faire&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il n’y a plus qu’à recommencer à l’envers, en boucle comme le serpent fait la roue&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - tu l’a écouté, il était trop roué&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Scène 10&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Y - ta désobéissance a amené le désordre et la douleur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - l’obéissance est impossible à l’intelligence&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - elle est possible à l’amour... tu lui as tourné le dos un moment&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - plutôt que de m’arrêter, tu as préféré manger le fruit toi aussi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - désormais manger est devenu le maître-mot&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - il restera toujours une pomme pour la faim, une poire pour la soif, des fruits pour la bouche...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - le lion semble ne plus voir en nous que des fruits&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - chacun veut manger l’autre et y mettre fin&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - à cause de toi la mort est entrée dans le monde&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - c’est à partir de là que je dois être la mère de tous les vivants en esprit&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - cela ne se fera pas sans mal&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - sans doute, ils tiendront tête à mon courage&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - nous avons perdu le bonheur&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous avons gagné le désir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - le monde n’est plus ce doux rêve&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - crois-tu pour cela qu’il soit moins beau&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - regarde la rose, elle a des épines maintenant&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - n’en n’est-elle pas que plus belle&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y - vais-je découvrir que tu en as toi aussi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;X - nous devons oser vivre&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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