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dimanche, juillet 22 2007

Press-book de "lui ou Moi"


" IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI "

Nous tournons en rond dans la nuit et sommes consumés par le feu

Guy Debord, fondateur de l'Internationale Lettriste puis de l'Internationale Situationniste, a utilisé le palindrome latin ci-dessus (attribué à Virgile) comme titre de son ultime film, pour exprimer la situation de ceux qui se soumettent à la règle d’un jeu perdu d’avance. La perte ne peut être compensée, il n'y a point de salut, pas de transcendance. La Dérive, sorte de Carpe Diem moderniste, était sa réponse à toute l’aliénation ambiante : analyser le spectacle infantilisant du monde moderne pour ne pas en faire partie.

Album
Debord aurait voulu que les oeuvres de Marx soient traduites en bande dessinée, car c'était, selon lui, la seule forme d'expression moderne totalement populaire. Mais il voyait dans le cinéma, l'intrument privilégié de l'agitation, à condition d'y ajouter la théorie. "Il ne comprend rien à ce qu'il agite." disait-il de Godard. Comme on pouvait le voir dans son dernier film, pour Debord la prise de vue était à prendre au pied de la lettre, puisqu'il a utilisé des images prises à d'autres, selon le principe du détournement, pour les assembler en une succession de plans fixes un peu à la façon de Chris Marker avec La Jetée. Quand j’ai vu le film, à sa sortie, il y avait trois spectateurs dans la salle. C’est bien la preuve que le spectaculaire n’est pas l’image. Il peut être dans l’image, ou autour d'elle, comme ailleurs et notamment dans un texte, la publicité mélangeant habilement les deux.

Press-Book de lui ou Moi

Qu’en est-il alors de l’écriture littéraire, si critiquée par ce même Debord ? La question est de savoir si c’est un travail dès le départ ou si, comme le jeu de l’enfant, c’est d’abord la recherche de son adéquation au monde sans intermédiaire. L’œuvre est peut-être aussi la manifestation du "monde" de l'artiste comme synthèse unitaire de toutes ses expérience et existerait, en premier lieu, pour elle-même avant de devenir marchandise. Hegel était sans doute de l’avis contraire, puisque le travail était, selon lui, le moyen pour l’esclave de devenir le maître du maître... Engel lui a emboîté le pas avec son traité : Le Travail... En bref : comment on est passé du singe à l’homme. Comment ? hé bien péniblement... et ça continue !

Press-Book de lui ou Moi
Donc, je ne suis pas certain que je travaille lorsque je me pique d’être auteur, du moins tant que je me borne à aligner les mots. C'est une autre histoire, en revanche, quand je peine à essayer de me faire reconnaître comme tel, par tel ou tel.

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samedi, avril 14 2007

Press-book d'X Y Z


Ah, vous êtes auteur ! Méconnu...

Dans le film emblématique de Marcel Carné : Les Enfants du Paradis, au cours du souper improvisé dans sa loge, Frederick Lemaître (interprété par Pierre Brasseur) interroge Lacenaire (interprété par Marcel Herrand) sur ses autres activités en dehors de voleur et assassin, qui lui répond :
“Vous n’allez pas me croire, j’écris des pièces de théâtre.
– Ah, vous êtes auteur ! Méconnu...
– Oui, méconnu, méconnu, mais je n’en ressens aucun dépit...”

Press-book d'X Y Z
Sans doute Lacenaire écrivait-il ses pièces directement dans la vie réelle, sur la chair et avec du sang, sûr qu’un jour il serait reconnu et donc connu, ce qui le gardait bien évidemment de tout sentiment de dépit. Pour celui qui écrit avec de l’encre, serait-ce celle du toner de son tambour... Quand le vin est tiré il faut bien le boire ! Et comme il est trop triste de boire seul - mieux vaut la coupe empoisonnée, en dépit de tout - il ne reste plus qu’à prendre son bâton de pèlerin pour un second itinéraire dans les lettres... lettres de rejet plus ou moins sèches qui sont la compagnie de l’auteur méconnu.

Avec les horions, quelques bénédictions !

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