Prosopon

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche, décembre 14 2008

Press-book de Septième Etage, Gauche, Droite.

L’Eclats de Scène nouveau est arrivé. Voilà donc les appréciations de cette association qui me massacre allègrement comme d’habitude. Cette fois j’en suis plus agacé qu’avant car ce sont toujours les mêmes a priori : “ce n’est pas du théâtre.” Qu’ils définissent donc ce qu’il entendent par là, où commence et où fini le théâtre pour eux, après on pourra discuter. Ils vont même jusqu’à dire qu’il n’y a pas d’histoire pour justifier le fait qu’il n’y ont rien compris. Il est évident que si l’on regarde la pièce de Brecht “...Arturo Ui” sans s’apercevoir qu’il s’agit d’un portrait d’Hitler, on va être amené à dire qu’on n’a rien compris à l’histoire et à ce que l’auteur a voulu dire. Toute proportions gardées il en va de même avec ma pièce, si malgré les multiples allusions, certaines relevée comme la référence à Ulrike Meinhof, on ne comprend pas que la pièce est la transposition dans un immeuble bourgeois de la mort de Baader et de ses acolytes dans la prison de Stanheim... Evidemment l’histoire n’a ni queue ni tête. Pourtant c’est gros comme une prison, le “suicide” de Baader d’une balle dans la nuque n’a pas d’équivalent. Quand à More et Hypérion, il s’agit de personnages historiques dont les noms sont bien connus et l’on peut s’étonner qu’ils ne soit par reconnus non plus, par ces lecteurs en principe spécialisées qui sont donc amenés à juger du haut de leur ignorance.

Quand on a un doute, il est aujourd’hui très facile d’aller sur Internet et d’opérer des rapprochements. Voir dans la pièce la Stasi et l’Allemagne de l’Est précisément quand on voit qu’il est fait mention d’Ulrike Meinhof, c’est un peu surprenant et ne laisse aucune chance pour tous les rapprochements à faire, à commencer par celui avec le chancelier Helmut Schmidt, chef du gouvernement Ouest-Allemand à l’époque, du gorille enlevé avec l’enlèvement d’Hans-Martin Schleyer, ou encore de Klaus avec ses croissants et de l’avocat Klaus Croissant, etc. Comble de tout : affirmer que ma pièce ne contient pas d’histoire, implique que la fin tragique de la bande à Baader en prison, que la pièce retrace fidèlement, n’en est pas une non plus... Autrement dit il ne s’est rien passé !

Je soumet donc leur critiques à votre critique après avoir, comme d’habitude, corrigé leur nombreuses fautes d’orthographe. Mais en fait ce n’est pas moi c’est le correcteur orthographique qui fait cela quasi automatiquement, mais c’est comme d’aller faire des recherches avec Google, encore faut-il prendre la peine de le lui demander. Ici même ils auraient d'ailleurs trouvé quelques réponses à leurs interrogations.

Réponse du Comité de Lecture d'Eclats de Scène, le 14 mai 2009

Monsieur,

Le comité de lecture d’Eclats de Scènes est composé de bénévoles qui lisent les textes qu’on leur envoie et qui en sélectionnent quelques uns selon des critères qui lui sont propres. Ce comité est libre d’énoncer ses choix, ses membres ne subissent aucune pression de quelque nature que ce soit et n’ont aucun pouvoir sur qui que ce soit, si ce n’est de proposer les textes choisis à l’équipe artistique d’Eclats de Scènes. Les auteurs qui envoient leur texte à notre comité le font librement. Ils reçoivent une réponse d’acceptation ou non et sont ensuite libres de consulter les fiches qui les concernent, personne ne les y oblige. Vous avez décidé librement de nous envoyer vos textes. Vous avez décidé librement de consulter nos fiches. Si vous n’êtes pas satisfait de notre réponse, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même : la colère s’est emparée de vous ; elle est bien mauvaise conseillère et vous fait adopter une attitude qui vous ridiculise. Vous avez dû passer pour bien inconséquent aux yeux de ceux qui ont lu votre blog : vous envoyez vos textes à des « lecteurs en principe spécialisés », ce sont vos termes, et vous leur reprochez leur ignorance et leurs fautes d’orthographe : pourquoi ne choisissez-vous pas un autre comité ? Pourquoi vous obstinez-vous à nous envoyer vos textes ? Vous serez certainement bien plus satisfait de recevoir la lettre type des comités professionnels, qui tient en 2 lignes, et vous remercie en vous disant que votre texte ne correspond pas à leurs critères. Nous sommes bénévoles et libres de nous exprimer ; nous essayons par nos remarques, énoncées courtoisement, d’aider, autant que faire se peut, les auteurs. La courtoisie, la colère vous l’a fait oublier, comme elle ne vous a pas permis de voir combien certaines de nos fiches étaient élogieuses : « cette pièce a d’incontestables qualités », « l’efficacité de l’écriture est réelle », « cette pièce m’a plu à la lecture », « l’action est bien menée ». Ce n’est pas là ce qui s’appelle « massacrer » un auteur comme vous le dites. Mais toutes nos fiches signalaient le manque de références explicites à un contexte historique précis et vous vous moquez en disant que nous n’avons pas vu qu’il s’agissait d’une transposition de la mort d’Ulrike Meinhof : or vous avez tout fait pour masquer les faits, pas de prison mais un immeuble, pas de femme seule mais 3 personnages, la télé qui donne des nouvelles parle d’Ulrike Meintopf, (encore une transposition). Qui prouve que ces nouvelles télévisuelles ne viennent pas d’un pays voisin ? L’indice est trop tenu pour permettre une identification du contexte historique. Bref, vous brouillez constamment les pistes et vous conseillez à vos lecteurs d’éclaircir les allusions à l’aide d’internet , comme si notre public allait au théâtre avec un ordinateur portable pour pouvoir décrypter les allusions masquées des auteurs !!! Dario Fo, prix Nobel de littérature, a écrit dans Récits de Femmes et autres histoires, avec Franca Rame, un monologue d’Ulrike Meinhof, dans sa cellule d’isolement. Il a pris la peine de faire figurer avant son texte une biographie précise d’Ulrike Meinhof pour que ses lecteurs identifient bien son personnage : pourquoi ne vous êtes-vous pas donné cette peine ?…. Quel hommage avez-vous rendu à ce drame si votre transposition ne permet pas même de l’identifier ? Quant à nos prétendues nombreuses fautes d’orthographe, nous sommes plusieurs dont le métier est de corriger celles des autres. Nos fiches peuvent comporter des défaillances mais pas dans la proportion que vous indiquez avec une mauvaise foi évidente ; balayez devant votre porte, plutôt que de laisser la colère vous irriter. Nous avons passé du temps à vous lire, nous avons passé du temps à écrire nos fiches, ne nous le faites pas regretter ; nous sommes bénévoles et libres de nous exprimer ; vous nous avez manqué de respect et rendu public ce qui est, dans votre intérêt, tacitement confidentiel. Vous avez porté tort à notre travail et nous ne pouvons pas l’accepter. Nous avons laissé passer du temps pour vous répondre ; le temps que votre déception et votre colère s’apaisent et que vous retrouviez vos esprits. Nous vous demandons la publication de notre réponse sur votre blog, n’est-ce pas un juste retour des choses ? En vous souhaitant de trouver un comité qui vous comprenne et retienne vos textes, bien à vous. Le comité d’Eclats de Scènes.

Ma réponse Au Comité de lecture, du même jour

Merci de votre réponse ce qui me satisfait déjà du fait que vous êtes allé voir ce que je racontais sur mon blog. Votre qualité de bénévoles ne m'avait pas échappée et j'irais même jusqu'à vous qualifier de passionnés, évidemment tout le contraire de ceux qui ne répondent que par deux lignes. J'accepte, au moins en partie, les reproches que vous m'adressez.

vôtre Frédéric Sausse

Ce que j'en pense in fine

Evidemment, quand on s'instaure critique c'est dans le but d'en délivrer et non d'en recevoir. Cependant même ceux qui n'en font pas profession ont le droit de critiquer. Les membres d'Eclat de Scènes sont des passionnés, je l'ai pensé et dit autour de moi, dès le début mais ce n'est pas une raison pour croire tout ce qu'ils racontent et je ne vois pas pourquoi je devrais être forcément satisfait de ce qu'ils me disent pour la seule raison d'avoir parfaitement librement choisi de leur soumettre mes textes. Alors merci pour les compliments mais qu'on m'assène à chaque fois que ce j'écris n'est pas du théâtre m'est effectivement resté sur l'estomac (je veux bien qu'on parle de colère) et c'est quoi alors ? Passons ! Concernant la dernière pièce je n'ai pas tant brouillé les pistes que certains autre lecteurs n'ai pas vu de quoi il s'agissait qui n'est d'ailleurs pas, contrairement à ce qui est indiqué ci-dessus, la mort d'Ulrike Meinhof (comprenne qui pourra !). Je n'ai moi-même, faut-il le préciser, aucun pouvoir, et même encore moins, sinon celui d'écrire, mettons alors que j'ai tendance à en abuser bien que l'effet de nuisance reste à prouver. Pour ce qui est du caractère confidentiel, les choses qui vont sans dire vont encore mieux en le disant.

Coup de théâtre

Je croyais avoir tout dit sur le sujet... Hé bien non ! La vie trouve toujours le moyen de vous en apprendre davantage et même l'amertume se patine avec le temps. Il me semblait avoir, sur le théâtre, de bons informateurs, pourtant c'est seulement en lisant (en novembre 2009) "Corneille", la biographie du grand dramaturge par Robert Brasillach que je tombe sur cette phrase (L'homme et son oeuvre, Librairie Arthème Fayard, p. 106) : "Pierre Corneille imite les critiques dramatiques de tous les temps, il hoche la tête, il dit : ce n'est pas du théâtre." Vous l'aurez deviné, l'auteur concerné par ce jugement sans appel n'était autre que l'immense Racine. Voilà de quoi mettre du baume au coeur de votre insignifiant serviteur. Maintenant que j'ai partagé, de cette façon, le sort de l'auteur d'Andromaque, ma pièce préférée, je ne peux plus que remercier ceux qui m'ont fait cet insigne honneur.

Lire la suite...

dimanche, juillet 22 2007

Press-book de "lui ou Moi"


" IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI "

Nous tournons en rond dans la nuit et sommes consumés par le feu

Guy Debord, fondateur de l'Internationale Lettriste puis de l'Internationale Situationniste, a utilisé le palindrome latin ci-dessus (attribué à Virgile) comme titre de son ultime film, pour exprimer la situation de ceux qui se soumettent à la règle d’un jeu perdu d’avance. La perte ne peut être compensée, il n'y a point de salut, pas de transcendance. La Dérive, sorte de Carpe Diem moderniste, était sa réponse à toute l’aliénation ambiante : analyser le spectacle infantilisant du monde moderne pour ne pas en faire partie.

Album
Debord aurait voulu que les oeuvres de Marx soient traduites en bande dessinée, car c'était, selon lui, la seule forme d'expression moderne totalement populaire. Mais il voyait dans le cinéma, l'intrument privilégié de l'agitation, à condition d'y ajouter la théorie. "Il ne comprend rien à ce qu'il agite." disait-il de Godard. Comme on pouvait le voir dans son dernier film, pour Debord la prise de vue était à prendre au pied de la lettre, puisqu'il a utilisé des images prises à d'autres, selon le principe du détournement, pour les assembler en une succession de plans fixes un peu à la façon de Chris Marker avec La Jetée. Quand j’ai vu le film, à sa sortie, il y avait trois spectateurs dans la salle. C’est bien la preuve que le spectaculaire n’est pas l’image. Il peut être dans l’image, ou autour d'elle, comme ailleurs et notamment dans un texte, la publicité mélangeant habilement les deux.

Press-Book de lui ou Moi

Qu’en est-il alors de l’écriture littéraire, si critiquée par ce même Debord ? La question est de savoir si c’est un travail dès le départ ou si, comme le jeu de l’enfant, c’est d’abord la recherche de son adéquation au monde sans intermédiaire. L’œuvre est peut-être aussi la manifestation du "monde" de l'artiste comme synthèse unitaire de toutes ses expérience et existerait, en premier lieu, pour elle-même avant de devenir marchandise. Hegel était sans doute de l’avis contraire, puisque le travail était, selon lui, le moyen pour l’esclave de devenir le maître du maître... Engel lui a emboîté le pas avec son traité : Le Travail... En bref : comment on est passé du singe à l’homme. Comment ? hé bien péniblement... et ça continue !

Press-Book de lui ou Moi
Donc, je ne suis pas certain que je travaille lorsque je me pique d’être auteur, du moins tant que je me borne à aligner les mots. C'est une autre histoire, en revanche, quand je peine à essayer de me faire reconnaître comme tel, par tel ou tel.

Lire la suite...

samedi, avril 14 2007

Press-book d'X Y Z


Ah, vous êtes auteur ! Méconnu...

Dans le film emblématique de Marcel Carné : Les Enfants du Paradis, au cours du souper improvisé dans sa loge, Frederick Lemaître (interprété par Pierre Brasseur) interroge Lacenaire (interprété par Marcel Herrand) sur ses autres activités en dehors de voleur et assassin, qui lui répond :
“Vous n’allez pas me croire, j’écris des pièces de théâtre.
– Ah, vous êtes auteur ! Méconnu...
– Oui, méconnu, méconnu, mais je n’en ressens aucun dépit...”

Press-book d'X Y Z
Sans doute Lacenaire écrivait-il ses pièces directement dans la vie réelle, sur la chair et avec du sang, sûr qu’un jour il serait reconnu et donc connu, ce qui le gardait bien évidemment de tout sentiment de dépit. Pour celui qui écrit avec de l’encre, serait-ce celle du toner de son tambour... Quand le vin est tiré il faut bien le boire ! Et comme il est trop triste de boire seul - mieux vaut la coupe empoisonnée, en dépit de tout - il ne reste plus qu’à prendre son bâton de pèlerin pour un second itinéraire dans les lettres... lettres de rejet plus ou moins sèches qui sont la compagnie de l’auteur méconnu.

Avec les horions, quelques bénédictions !

Lire la suite...