Mon ami Philippe, qui a été le premier à lire ces nouvelles autrefois, m'en a dit que c’était une écriture médusante et pétrifiante. "Ils sont morts mais ils sont encore capables de tuer." a-t-il ajouté. Il s’en était tenu à un jugement littéraire mais d’autres réactions se sont exprimées au premier degré et ont été plutôt négatives. Je vois qu’avec ces écrits, dans la mesure où ils ne seront pas purement et simplement ignorés, je n’ai rien à attendre de bon : des sarcasmes voire même des condamnations, qui ne seront que l’écho indéfiniment répété de la malédiction. Mais peu me chaut, je veux témoigner, pour moi et pour ceux qui sont restés sans voix. Peut-être cette petite bouteille à la mer arrivera-t-elle quand même à bon port, là où elle sera utile.
L'ami Bernard a, quant à lui, trouvé à ces nouvelles un goût de déjà vu, déjà avalé, peut-être de par la lecture de Dickens, mais aussi par celle de l'auteur de ces lignes puisqu'il m'a déclaré en savoir plus qu'assez avec la lecture du chapitre II du roman (voir NICOLA, ci-dessous). Il a même souligné le retournement du propos, quand le narrateur, au chapitre III, change de vie et devient, à ses yeux, un membre de la classe des privilégiés. Privilégié, c'était bien son intention de le devenir, mais pour la classe je lui ai répondu qu'un enfant maltraité ou abandonnique (qui ne vivra pas l'abandon une fois mais de façon quasi-permanente) n'est d'aucune classe. Pour au moins une raison très facile à comprendre : l'enfant maltraité l'est aussi automatiquement par les domestiques de ses parents ou assimilés (tous le monde a des serviteurs, d'une manière ou d'une autre) qui trouvent là un semblant de revanche. Si bien qu'il ne développe aucun sentiment d'appartenance de classe, la persécution, comme éventuellement son contraire, venant de tous horizons.
nouvelles
dimanche, septembre 23 2007
Tableaux de famille... sur fond(ts) mouvant(s)
Par Frédéric d'Artois le dimanche, septembre 23 2007, 20:51