Prosopon

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jeudi, mars 27 2008

日本的な個性を表わす将棋

Shogi

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mercredi, février 6 2008

Curriculum Vitae ― 履暦書

.....Un sablier quelque peu chahuté

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dimanche, septembre 23 2007

Tableaux de famille... sur fond(ts) mouvant(s)


Mon ami Philippe, qui a été le premier à lire ces nouvelles autrefois, m'en a dit que c’était une écriture médusante et pétrifiante. "Ils sont morts mais ils sont encore capables de tuer." a-t-il ajouté. Il s’en était tenu à un jugement littéraire mais d’autres réactions se sont exprimées au premier degré et ont été plutôt négatives. Je vois qu’avec ces écrits, dans la mesure où ils ne seront pas purement et simplement ignorés, je n’ai rien à attendre de bon : des sarcasmes voire même des condamnations, qui ne seront que l’écho indéfiniment répété de la malédiction. Mais peu me chaut, je veux témoigner, pour moi et pour ceux qui sont restés sans voix. Peut-être cette petite bouteille à la mer arrivera-t-elle quand même à bon port, là où elle sera utile.

Album
L'ami Bernard a, quant à lui, trouvé à ces nouvelles un goût de déjà vu, déjà avalé, peut-être de par la lecture de Dickens, mais aussi par celle de l'auteur de ces lignes puisqu'il m'a déclaré en savoir plus qu'assez avec la lecture du chapitre II du roman (voir NICOLA, ci-dessous). Il a même souligné le retournement du propos, quand le narrateur, au chapitre III, change de vie et devient, à ses yeux, un membre de la classe des privilégiés. Privilégié, c'était bien son intention de le devenir, mais pour la classe je lui ai répondu qu'un enfant maltraité ou abandonnique (qui ne vivra pas l'abandon une fois mais de façon quasi-permanente) n'est d'aucune classe. Pour au moins une raison très facile à comprendre : l'enfant maltraité l'est aussi automatiquement par les domestiques de ses parents ou assimilés (tous le monde a des serviteurs, d'une manière ou d'une autre) qui trouvent là un semblant de revanche. Si bien qu'il ne développe aucun sentiment d'appartenance de classe, la persécution, comme éventuellement son contraire, venant de tous horizons.

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mardi, septembre 11 2007

Album de familles


Lettre d’Abou Ghraïb

Un nouveau jour s'est levé sur ma prison, où je suis parce que les autres sont et où les autres sont parce que j'y suis. Que se soit sous les dehors d'un ciel bleu et d'un soleil éclatant ou derrière le rideau poisseux de la tempête de sable, je vais à mes rendez-vous. Où est le bon temps ? Je n'aurais pas cru que tant d'entraves me seraient appliquées dès lors que mes qualifications ont été reconnues. Mes qualifications sont reconnues mais ma qualité est ignorée et je suis comme un rat pris au piège d'un labyrinthe pervers dont tous les codes ont été corrompus à mon détriment. Puisque je suis tombé là, il faut bien que je passe le temps, fasse mon chemin, trouve mon bonheur. Je suis en charge. C’est sacrément lourd ! alors il faut que ça sorte... Je sors les cartes de mon jeu... de mon jeu ou de mes jeux. C’est la vie qui prend corps.

Album
Je ne vois pas d'esprit de corps. Je suis chargé de gérer les corps et je m'applique à mon travail. Un travail plutôt dangereux, car qui sait ce que peut sortir de ces corps, de ce qu'ils cachent ? Pour qu'ils deviennent sages comme des images, il vaut mieux affronter les dragons un par un. Chaque fois que je me concentre sur un sujet il devient alors mon objet privilégié, l'objet de mes soins ; clic clac ! Son corps est comme mien sans être comme le mien. C’est un appendice un peu gauche, un membre tout engourdi que je peux bouger malgré tout, bien qu’il ait perdu sa sensibilité. Sur son visage naissent des expressions étranges, intrigantes, plutôt amusantes en fait. On dirait la douleur, la peine, mais moi je ne sens rien, je ne ressens rien. C’est mon corps et en même temps ce n’est pas mon corps. Mon corps me fait souffrir pour un rien, je suis obligé de m’en méfier, de le chouchouter. Son corps, en revanche, est plastique, élastique, réactif. Son et lumière ! C’est un spectacle, un théâtre d’opérations. J’opère et j’agis du même coup sur ses pensées, ses désirs. Je les mets en adéquation avec les miens. Il ne peut pas m’échapper. Je contrôle tout. Alors il va penser comme moi et faire ce que je veux, cesser de me contrarier moi et la circulation de mes fluides vitaux. Mais en plus, J’ai envie de m’amuser un peu, d’échapper aux contraintes. J’appuie et ça s’allume ! Claque ; une, deux, trois, clique. Prenons la pause : une fois, deux fois, trois fois... Ça marche à tous les coups. Quel soulagement ! Quelle facilité ! Quelle liberté ! C’est une pâte à modeler chaude de couleurs que je pétris à pleines mains, à plein coeur, avec une joie toujours recommencée.

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vendredi, août 17 2007

Contes orientaux


Littérature et art martial

J'avais toujours aimé les contes, les contes traditionnels comme les contes tragiques d'Andersen, mais jamais je n'avais pensé en écrire. Tout a commencé quand mon maître de Ninjutsu m’a dit qu’il fallait qu’il me parle à la fin du cours... De cet entretien, j’avais tout à craindre car, autant vous l’avouer, le tapis rouge sang de la voie du guerrier n’est pas tissé de pétales de roses mais plutôt de chausse-trappes ; et c’est tant mieux, somme toute, puisque le but est le dépassement, non le délassement. Une fois assis face à lui, foin d’admonestation, tout au contraire une invitation à jouer un peu plus de la plume, l’arme de l’esprit. Il s’agissait, d’éveiller de jeunes enthousiasmes, de les canaliser pour les convaincre de prendre une place bien assise parmi les Ninja, à l’aide d’histoires héroïques, de petites saynètes ouvrant la porte à l’imagination.

Je n’ai que raison de m’en satisfaire, d’autant plus que je ne suis pas le seul à manier la plume au dojo et, modeste artiste martial, je me console en m’essayant artiste... tout court. Car dans l’idéal, l’homme de l’art doit aussi être homme de tous les arts, y compris écrivain ou peintre dans la grande tradition ; celle d’Agrippa d’Aubignée : homme d’épée, d’action et de lettres, ou celle de son contemporain Miyamoto Musashi qui n’était pas exactement poète, mais peintre et calligraphe. Grande tradition entretenue aujourd’hui par maître Hatsumi qui nous démontre que, si les armes doivent rester sages, l’art peut s’exercer sans modération à l'aide de la plume et du pinceau.

Contes
Cette éthique devait, bien évidemment, s’exprimer dans les historiettes héroïques qui ne pouvaient être, en même temps, que des fables morales. J’ai donc repris, dans la tradition, des histoires qui m’ont paru édifiantes pour les condenser et les adapter en langue moderne. Il s’agit toujours du chemin que prend la vérité pour s’imposer avec, le plus souvent, la victoire sur l’ego, le sien propre ou celui de l’autre parce que l’on déjà vaincu le sien. Entre les fables héroïques classiques et celles où le combat reste strictement intérieur, celle de "l'Ecole du Combat sans Arme" est là pour faire l'unité.

Contes
Chemin faisant, je me suis aperçu, une fois encore, qu'il y avait loin de la coupe aux lèvres ! Les histoires de Ninja proprement dites, plus ou moins véridiques, me sont apparues un peu trop sanglantes et violentes pour être présentées d'emblée à des débutants. Il valait mieux pour eux une introduction rassurante et humanisante sur la base de fables héroïques et des sages maximes qui en découlent, comme la tradition nous en a transmise quelques unes. Cependant leur nombre s'est révélé extrêmement limité. Quand j'ai eu rassemblé les historiettes que l'on trouve partout, reproduites par tel ou tel, chacun à sa manière, et que je me sois employé à les rédiger à mon tour à ma façon, cela n'atteignait même pas la dizaine. Pour atteindre seulement la vingtaine, il a fallu aller pêcher en eau profonde...

contes 3

ETRE ASIATIQUE
de Claude Lingagne

A qui critique
Les Asiatiques
Répondez du tac
Au tac
Que c'est un tic
Que les Asiatiques
Sont sympathiques
Ont des civilisations antiques
Des dessins artistiques
Des arts martiaux éthiques
Des médecines énergétiques
Des soins esthétiques
Des appareils fantastiques
Donc être Asiatiques
Ce n'est pas du toc
Et toc !

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samedi, août 11 2007

On ne peut pas vivre de regrets


Introduction

Dans une lettre, je confiais à un ami que j'écrivais mon journal intime et j'avais l'intention de le présenter à un éditeur quand il aurait pris un certain volume. Sa réponse, sur ce point, fut pour me dire qu'il me fallait beaucoup de courage pour cela. Comme je le lui disais, dans ma lettre suivante, je craignais surtout que le courage qu'il me fallait ne soit rien à côté de celui qu'il faudrait à l'éditeur...

Mais de toute façon, la question du courage est intéressante. Publier son journal intime, c'est un peu comme se mettre nu en public. Il y a certainement de quoi rougir. Mais quand on rougit, c'est, je crois, à la pensée que ce qu'on montre n'est pas forcément très beau à voir. Et je pense, à ce propos, à cette secte chrétienne du Canada dont les membres lorsqu'ils doivent comparaître en justice, se dénudent systématiquement devant la cour et le public pour montrer leur innocence au grand jour. Dans cette attendrissante coutume, je vois au fond la même démarche que celle des peintres du sacré, qui, depuis des siècles représentent fréquemment l'enfant Jésus nu, pour en exprimer précisément la pureté et l'innocence.

Donc, pour se garder de verser dans les extrêmes, je dirais que si Dieu est nu ce n'est pas une raison pour l'homme de se dénuder - car d'abord il n'est pas Dieu. Mais, qu'à l'inverse, ce n'est pas non plus une raison de ne pas le faire. Que chacun fasse à sa guise ! Car au fond chacun a ses raisons de s'estimer innocent, ceux qui ne veulent pas se montrer nus n'ont pas confiance dans le jugement d'autrui, c'est tout.

Pour moi, si je ne recule pas devant cette épreuve, c'est que je pense que, comparé au député italien et vedette du porno qui montrait ses seins à la télévision, je ressemblerais plutôt à un exhibitionniste du métro dont la modeste prestation reste peu appréciée mais qui insiste néanmoins. J'ajouterais que même si je souffrirais certainement de m'entendre sévèrement jugé, cela ne m'inquiète pas trop pour le moment, car je n'en sens pas le danger bien proche encore.

D'ailleurs si j'ai écrit mon journal intime, c'est à défaut de me sentir capable d'écrire quelque chose d'autre pour le moment. J'espère que ce ne sera qu'une étape. D'autre part, cet exercice d'écriture m'a fait comprendre pas mal de chose au fil des jours - c'est bien le moins que je pouvais en attendre - et notamment l'identité des "démons ricaneurs du passé", selon une formule que je traînais depuis des années sans l'avoir élucidée et qui aurait pu servir de titre, tant elle est centrale.

En ce qui concerne le titre, sans avoir jamais lu aucun journal intime, sauf quelques extraits du Journal d'Anne Frank, j'avais cependant remarqué que ce genre littéraire était comme le Port-salut, que c'était écrit dessus. Donc, pour respecter la tradition, j'avais a priori imaginé le titre commençant par le mot journal. Et comme, avant même de commencer à écrire, le poids de mes obsessions me faisait clairement sentir d'avance ce que j'allais y mettre, je voulais l'intituler : Journal d'une Vie Gâchée. Puis, chemin faisant, j'ai trouvé que ce titre était un peu simpliste. Quand j'ai eu dépassé la moitié et que je me suis résolu à continuer pendant un an et un jour, soit un jour de plus que ma résolution initiale, j'ai pensé que le titre devrait commencer par : Un An et un Jour... Alors, j'ai penché pour : Un An et un Jour, d'une Vie sans Rime ni Raison. Puis, trouvant que cela faisait un peu trop long, pour : Un An et un Jour, d'une Vie sans Raison. Enfin, trouvant le "sans Raison" trop plat et sans mystère, je me suis décidé pour : Un An et un Jour, d'une Vie sans Rime.

C'est alors que j'ai repensé à ma première visite chez le médecin rééducateur ou plutôt à une des phrases qu'il a eues au cours de cette visite mémorable. Je venais de sortir de l'hôpital et depuis la minute de même de l'accident, tout était allé de mal en pis. Pour simplifier disons que j'avais perdu ma femme, mon travail et mes jambes. Je me demandais où cela allait s'arrêter, lorsque j'ai découvert le docteur Rodin.

Le chirurgien qui m'avait mis dans l'état où j'étais ou du moins qui y avait bien contribué, m'avait royalement donné un congé de maladie de quinze jours et vingt séances de rééducation. Que faire ? Catherine., une des rares à m'avoir témoigné un peu de sympathie, me donna le numéro de téléphone de son frère, médecin rééducateur, qui dirigeait un centre dans le Nord. Aussitôt, je l'appelais, il était prêt à me prendre si j'obtenais l'autorisation de transfert de la sécurité sociale, mais en attendant mieux il me donna le numéro de téléphone d'un confrère parisien en qui il avait toute confiance. J'appelai immédiatement, pour m'entendre dire que je n'aurais pas de rendez-vous avant un mois... sauf, si je pouvais être là une heure plus tard pour profiter d'un trou. De Draveil à Paris, j'avais juste le temps. Illico, j'appelais un taxi par téléphone et je sautai sur mes béquilles.

M'ayant invité à m'asseoir, Rodin m'écoutait raconter mon histoire et remplissant ma fiche. Quand j'ai eu décrit l'intervention chirurgicale que j'avais subit, il m'interrompit par un : "Qui est-ce qui a fait ça ?", qui m'a fait devenir blanc comme un linge. Après m'avoir examiné, il m'a dit que dans l'état où j'étais, il se refusait à faire quelque pronostic que ce soit, il s'offrait de me prendre dans son centre de rééducation à l'hôpital de Gonesse... On verrait dans trois mois. Poussant un peu plus loin la conversation, il me dit que la rupture de tendon d'Achille, qui m'avait valu d'être opéré à répétition depuis deux mois, ne nécessitait pas de traitement chirurgical. En fait, toute son attitude me l'avait déjà fait comprendre, mais c'était tellement dur à avaler que je ne pus m'empêcher de lui déclarer que ce qu'il me disait était "dur à entendre". "Que voulez-vous, m'a-t-il rétorqué, on ne peut pas vivre de regrets !"

Cette phrase de bons sens, me paraît assez bien illustrer mon propos.

Mais avec un bon titre ou pas, même s'il est armé d'un optimisme à toute épreuve celui qui écrit un journal doit savoir que, s'il n'est pas déjà sous le feu des projecteurs, aucun éditeur n'en voudra. Je ne croyais plus au Père Noël mais j'ai quand même essayé de contacter quelques éditeurs, pensant que leurs refus m'apprendraient quelque chose. C'était encore trop optimiste ! Ils refusent pratiquement sans un mot. Une seule fois... et c'était même drôle ! J'avais pris la peine de sélectionner des éditeurs ayant une collection qui publiait ce genre de textes, disons les témoignages. Après un passage au standard, j'ai une dame au bout du fil à laquelle je déclare que j'ai écrit un journal intime. "Qu'est-ce que vous entendez par journal intime ?" me demande-t-elle alors sur un ton pincée où je sentais une désapprobation naissante. Un peu déconcerté, je lui explique quand même qu'un journal intime consiste à noter chaque jour les événements marquants et les réflexions qu'ils ont suscité. "Oh, ça c'est bien !" m'envoya-t-elle alors, visiblement rassurée sur l'écrit et sur l'homme. Je n'avais plus à être marqué à l'encre rouge, c'était déjà ça, mais je n'ai pas eu droit au tapis rouge non plus.


Journal d'un quinqua

..................................A l'assaut de la cinquantaine


L'avis d'un éditeur

Comme j'avais la chance d'avoir un ami dans l'édition il m'a fait la grâce de passer mon manuscrit à un éditeur de ses relations, Loris Talmart, qui depuis nous a quitté. Monsieur Talmart lui a fait cette réponse :

Vous m'avez demandé mon avis, le voici. Je pensais qu'il s'agissait d'un faux journal, c'est-à-dire un roman présenté sous forme de journal (comme le Journal d'un Curé de Campagne, par exemple). Il n'en est rien. C'est un vrai journal. Ce genre littéraire a ses amateurs, mais le public ne s'intéresse qu'aux journaux des gens connus, célèbres. Ce manuscrit n'est pas publiable actuellement. Il faut attendre que l'auteur ait conquis la notoriété par des oeuvres d'imagination ou des essais, des biographies, etc. Cela dit, ce journal est bien écrit, il ya beaucoup de réflexions intéressantes, de remarques fines qui rendent l'auteur sympathique. Ce n'est pas un esprit secondaire. Ce qui se dégage de la lecture de son manuscrit c'est une grande impression de morosité, un sentiment de continuel lassitude, une sorte de délectation dans l'échec, les ratages. Ce pourrait être une originalité et justifier la publication d'un document venu d'un écrivain sans réputation, malheureusement le journal de la morosité, de l'échec et de leur analyse impitoyable a déjà été fait, et avec quelle maîtrise, par Amiel qui nous a laissé ses 40 000 pages mondialement célèbres. Je pense donc que ce journal, venant après ce monument de désespérance, n'est pas susceptible, ni maintenant ni plus tard, d'un vrai succès philosophique, littéraire ; ce ne pourrait être au mieux (en cas de grande notoriété de l'auteur) qu'une curiosité.

On ne peut être plus clair !

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dimanche, juillet 22 2007

Press-book de "lui ou Moi"


" IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI "

Nous tournons en rond dans la nuit et sommes consumés par le feu

Guy Debord, fondateur de l'Internationale Lettriste puis de l'Internationale Situationniste, a utilisé le palindrome latin ci-dessus (attribué à Virgile) comme titre de son ultime film, pour exprimer la situation de ceux qui se soumettent à la règle d’un jeu perdu d’avance. La perte ne peut être compensée, il n'y a point de salut, pas de transcendance. La Dérive, sorte de Carpe Diem moderniste, était sa réponse à toute l’aliénation ambiante : analyser le spectacle infantilisant du monde moderne pour ne pas en faire partie.

Album
Debord aurait voulu que les oeuvres de Marx soient traduites en bande dessinée, car c'était, selon lui, la seule forme d'expression moderne totalement populaire. Mais il voyait dans le cinéma, l'intrument privilégié de l'agitation, à condition d'y ajouter la théorie. "Il ne comprend rien à ce qu'il agite." disait-il de Godard. Comme on pouvait le voir dans son dernier film, pour Debord la prise de vue était à prendre au pied de la lettre, puisqu'il a utilisé des images prises à d'autres, selon le principe du détournement, pour les assembler en une succession de plans fixes un peu à la façon de Chris Marker avec La Jetée. Quand j’ai vu le film, à sa sortie, il y avait trois spectateurs dans la salle. C’est bien la preuve que le spectaculaire n’est pas l’image. Il peut être dans l’image, ou autour d'elle, comme ailleurs et notamment dans un texte, la publicité mélangeant habilement les deux.

Press-Book de lui ou Moi

Qu’en est-il alors de l’écriture littéraire, si critiquée par ce même Debord ? La question est de savoir si c’est un travail dès le départ ou si, comme le jeu de l’enfant, c’est d’abord la recherche de son adéquation au monde sans intermédiaire. L’œuvre est peut-être aussi la manifestation du "monde" de l'artiste comme synthèse unitaire de toutes ses expérience et existerait, en premier lieu, pour elle-même avant de devenir marchandise. Hegel était sans doute de l’avis contraire, puisque le travail était, selon lui, le moyen pour l’esclave de devenir le maître du maître... Engel lui a emboîté le pas avec son traité : Le Travail... En bref : comment on est passé du singe à l’homme. Comment ? hé bien péniblement... et ça continue !

Press-Book de lui ou Moi
Donc, je ne suis pas certain que je travaille lorsque je me pique d’être auteur, du moins tant que je me borne à aligner les mots. C'est une autre histoire, en revanche, quand je peine à essayer de me faire reconnaître comme tel, par tel ou tel.

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mercredi, juillet 4 2007

NICOLA ou la péniche engloutie

Roman disponible sur lulu.com - cliquez et vous verrez

“Nicola se révélait soudain comme l'alchimiste que je n'étais pas capable d'être. Du libertin quelque peu vain et superficiel qu'elle avait d'abord écarté puis utilisé sur les conseils de Gael, elle avait fait quelque chose dans son cœur. Le secret de cette transmutation était peut-être qu'elle avait su aller assez profond pour découvrir les trésors engloutis. Elle ne voulait rien perdre et osait rêver d'un avenir pour nous deux, de prendre son envol avec l'amour, tandis que moi, tout alourdi de mes préjugés, j'étais incapable de la rejoindre”.

Une rencontre fugitive sur le quai d'une gare londonienne, l'été 1974, va conduire le jeune homme à se pencher sur son passé et à raconter une histoire d'abord à ses amis puis à sa plume... La silhouette entrevue est-elle celle de la jeune fille, avec qui il a vécu une liaison partiellement inassouvie quelque dix années auparavant ? Il ne le saura pas ! Mais, par l'écriture, il va revivre son enfance, écartelée entre plusieurs familles, et ses premières années de jeunesse et de liberté, où, livré à lui-même, il ne s'interdisait rien. Tous ces souvenirs, qui remontent de façon irrépressible, composent peu à peu le tableau d'un passé qu'il aurait plutôt voulu oublier et, en dessinant les contours de son impuissance affective, lui montrent la genèse de son échec face à une femme qu'il avait, à cette époque déjà, seulement entrevue.

Nicola

********************************L'auteur avec ses amis en 1974*****


Un roman d'apprentissage


On raconte que sur son lit de mort, Hegel, en parlant de la Phénoménologie de l’Esprit – son oeuvre la plus remarquée, aurait déclaré : “Il n’y en a qu’un qui m’a compris, et encore, il m’a mal compris.” Baltazar Gracian, plus prudent, s’adresse d’emblée au lecteur de son traité : Art et Figures de l’Esprit, indirectement dans ces termes : “O toi, mon livre (...) prie malgré tout le ciel de t’accorder le bonheur d’un lecteur qui te comprenne !” Loin de moi l’idée de me comparer à ces auteurs éminents, puisque aussi bien, à toutes les différences qui m’en séparent déjà j’en ajouterais encore une : je n’ai pas l’impression que les lecteurs, au bout du compte, soient plus bêtes que les autres.

“La mémoire est le présent du passé”, disait saint Augustin. Ma mémoire me joue des tours, car j’ai l’impression de n’être en rien capable d’oublier. Alors plutôt que de tourner sans cesse dans sa tête des souvenirs insomniaques, mieux vaut les coucher sur le papier. Or comme tout bon journaliste, j’ai longtemps caressé le projet de me consacrer à l’écriture littéraire, laissant là les pis-aller. Cela conduit tout naturellement au roman, car, à l’exception de l’interview dont le dialogue est un peu théâtral (voir “X Y Z” et “lui ou Moi”, sur le blog), l’article journalistique est essentiellement une histoire que l’on raconte. Début 2005 ma plume s’est mise en mouvement et je me suis mis à raconter... non plus ce que j’avais appris la veille mais des choses qui avaient longtemps séjourné entre deux eaux avant de remonter à la surface.

Evidemment comme plumitif j’en connaissais d’autres et notamment des écrivains. L’un d’entre eux qui avait réussi, après bien des difficultés, à faire publier un premier roman autobiographique, m’avait donné quelques conseils sur le modus operandi en insistant sur l’accroche liminaire qui devait, selon lui, présenter un meurtre ou un viol. Plutôt écœuré par cette idée je suis quand même parti, sans bien m’en rendre compte, sur quelque chose qui n’en était, somme toute, pas si éloigné. Chemin faisant, mélangeant sans cesse les deux ingrédients fondamentaux, je suis passé de l’amour de la violence à la violence de l’amour.

Six mois plus tard j’avais une histoire que je me suis empressé de montrer à mes amis. Immédiatement la question de l’accroche s’est reposée. Le premier, après un moment de flottement, a été séduit. “D’abord on ne comprend pas ce dont tu parles et puis ça s’éclaire...” m’a-t-il dit. Le second, un confrère, a rejeté mon début catégoriquement disant que personne n’irait plus loin que la première page. Un peu désemparé, je me suis souvenu de mes débuts comme journaliste. J’écrivais mes articles et je les plaçais ensuite dans un panier sur le bureau du rédacteur en chef. En fin de journée, ce dernier me faisait venir et me disait chaque fois à peu près la même chose : “J’ai vu ton article, il n’est pas mal, oui... Mais tu vois, je mettrais plutôt la fin au début... bon, le début à la fin et tu me reprends le milieu.” – Ils disent tous ça ! Si d’aventure vous devenez rédacteur en chef, avec cette phrase vous savez l’essentiel – facile donc ! J’ai mis la fin au début : l’été 1974 à Londres, une rencontre, et toute l’histoire est venue s’y enchâsser sous forme de réminiscences, selon une architecture des plus classiques.

C’eût été trop facile si cela avait plu à tout le monde ! Par la suite, un lecteur enthousiaste sur le style et la progression psychologique m’a fait en premier reproche de ne pas commencer au vrai début, par la naissance ; et secondairement de trop m’appesantir sur les amis, notamment sur Pierre le premier d’entre tous. Michel, l’éditeur de Pierre Soury (le Pierre historique) avait été plus concis, à la lecture du premier jet, en me gratifiant d’un péremptoire “C'est nombrilesque !” A ce jugement, plus moral que littérraire, je répondrais que pour pouvoir décrire le monde il faut bien le contempler en premier lieu, alors que ce soit par le nombril ou autre organe, qu’importe ? Et si la narration sentimentale l’a laissé froid tel ne fut pas le cas de la jeunesse de notre ami. “J’ai vu Pierre en construction, je l’avais rencontré déjà construit” a-t-il précisé sans me reprocher, du moins explicitement, d’être iconoclaste bien que les aficionados de Chaînes et Nœuds imaginent plutôt un Pierre sorti adulte et tout armé de la tête de Lacan. Mais un auteur ne peut que se réjouir qu’un éditeur lui fasse une vraie réponse, comme celle-ci par exemple :

Comme nous vous l’avions promis, nous avons lu votre roman Nicola avec attention. Nous avons aimé la forme, votre écriture limpide, élégante, parfois caustique. Nous nous posons toutefois, quant au fond, la même question que l’un de vos personnages, s’il était bien opportun de s’étendre sur l’enfance du héros. Nicola n’occupe qu’une partie minime du livre et, finalement, on en sait moins sur elle que sur Renate ou les Anglaises. Nous avions évoqué, au Salon du Livre, la subjectivité de notre maison d’édition. Et mentionné ce qui revient le plus souvent dans notre catalogue, un mélange particulier, presque spécifique, de vécu et de fiction. Instants, fragments de vie recyclés, toujours traités en gros plan. C’est ce qui nous manque dans votre récit : l’instant Nicola que le titre promet.

Ces réflexions m’ont tout d’abord désarçonné... Celle de Michel étant totalement subjective, rien à dire ! Sinon que le récitant, le récit et sa présentation sont trois choses différentes. Celle concernant la place de Nicola dans le récit, comme il y a là un aspect objectif, donc quantifiable, je me suis dis “Vérifions !” Nicola, bien que présente dès la première phrase, disparaît effectivement dans les deuxième et troisième chapitres. Mais cela est rapportable à la structure du “roman d’apprentissage” qui s’applique à montrer un parcours assez long. Or, tous comptes faits, le prénom Nicola apparaît 150 fois, contre quelque 130 fois pour les mots “père” et “mère”, sensiblement à égalité, 120 fois pour “Pierre”, loin devant les autres amis, seulement 77 fois pour “Gael”, l'autre Anglaise, et encore moins pour “Renate” avec 70 occurrences seulement. En revanche le pronom “je” apparaît environ 1500 fois... (jeu du nombril ou de l’œil...) Encore faut-il préciser qu’une quarantaine de ces “je” désigne Nicola elle-même dans ses monologues intérieurs présentés en français (licence poétique) et si l’on ajoute toutes les fois où elle est introduite à la troisième personne par “elle” ou une métaphore la désignant : “Anglaise”, “colombe” etc. Elle apparaît près de 300 fois. CQFD !

Sans doute, le destin de Nicola était de paraître discrète, même dans ce roman qu’il faut peut-être lire entre les lignes. Il resterait évidemment à écrire une histoire où le “je” serait la jeune Anglaise du début à la fin. Mais ça c’est, si j’ose dire, une autre paire de manches ! “L’image est dans mon cerveau !” disait fréquemment mon père-géniteur, parlant de la réalité tout en montrant, par ses actions, qu’il la voyait bien plus clairement ailleurs. Pour parler comme lui, la femme que je rappelle serait dans mon "cerveau électronique" comme une photo à retoucher. Elle est plutôt un esprit dans mon cœur et si je veux l'incarner dans mes phrases, je dois faire plus que caresser un phantasme, sinon l’écriture ne serait vraiment qu’un exercice narcissique. Alors, peut-être piqué au vif par le grief de nombrilisme adressé à la 1ère mouture, pour la deuxième je me suis décidé à donner vraiment la parole à mon héroïne, en ouvrant le livre de ses pensées. Cela n'a l'air de rien, sans doute, mais il faut oser : le verbe créateur ! Comme je n'arrivais pas à m'y mettre, j'ai puérilement choisi le jour de la saint Frédéric pour me lancer ; et ça a marché... Bagatelle, me direz-vous, gaminerie pour ce qui n'est que l'enfance de l'art ! Je ne crois pas. Car, comme pour la bagatelle aussi bien que pour bien d'autres choses qui semblent ensuite aller de soi, il doit y avoir une première fois qui se révèle décisive.

Pour ce qui est d’écrire... décrire, le difficile est de décider : voilà comment les choses se sont passées, ce qui a été fait ou n’a pas été fait. Le souvenir est le seul lieu pour ce qui n’a pas été fait, c'est une vision. Bouddha, dit-on, a découvert ce qui donne la vision et la connaissance. Cela commence par la compréhension juste, qui mène à la pensée juste, puis à la parole juste qui mène enfin à l’action juste. La parole juste exprime la réalité de la relation, même chose à la danse ou dans l’art martial pour le mouvement. L’écriture est-elle la parole et le mouvement ensemble ?

Si l’écriture a le mérite de ses exigences, à l’état brut elle ne peut suffire. Et si les muses sont les filles de la mémoire, il faut forcément aller au-delà de la simple mémoire. Ce qu’il faut montrer, démontrer et démonter c’est l’antithèse des personnages et des sexes, par la description dans l’action et hors de l’action. Passant par l’écriture, le passé apparaît comme le soleil après une éclipse. La pensée va à la rencontre de la mémoire. Il apparaît peu à peu, dans le passé ,tout ce qui n’a pu y être mis au présent. Chacun s’éclaire de son devenir et qui, à un moment, croit être lui-même peut se révéler ensuite n'être qu'un Frankenstein à la manière de Robert Mulligan, l’homme aux vingt-six personnalités. "Il a en lui, au cœur, la parole étrangère qu’il n’entend pas mais qui pourtant lui commande." dit Maurice Bellet dans l’Ecoute. C’est dans ce château avec un fantôme à chaque étage, et par cette parole labyrinthique qu’il s’adresse à elle... mais la forme réfléchie est justement fausse puisque, au lieu de soi-même, il adresse sa propre négation. L’amour est le mouvement unificateur inverse.

L’ami Pierre avait son idée sur les femmes, ou plutôt, ses idées sur la femme. Il pensait que pour la femme spécialement l’amour arrive à une conclusion. A l’homme, donc, d’entretenir la flamme du souvenir, comme Gainsbourg qui chante que les amours mortes n’en finissent pas de mourir. Pourquoi une telle différence ? En amour, nous nous engageons malgré nous etprenons des risques que nous sommes incapables de mesurer. Homme ou femme peu importe ! dirais-je. Tout est imprévisible, mais à l'épreuve du temps, qui est la grande colonne à distiller, on voit bien que tout ce qui brillait n’était pas d’or, car lui seul reste inaltérable. La morale de l’histoire c’est tel est pris qui croyait prendre.

Quel est le coeur de l’histoire ? Un mime fait apparaître l’invisible, le hiéroglyphe est gravé en creux. Dans cette histoire, comme à la danse, c'est l'homme qui conduit, par l'écriture hors du récit et par l'action dans le récit ; du moins le croît-il. Et comme à la danse la seule fin possible est de mettre la femme en valeur. Elle est une femme par sa vertu propre. Son amant n’a fait que de la coucher dans un lit de Procuste affectif, trop grand pour l’érotisme, trop petit pour de l’amour. Quand la réalité ancienne se lézarde le souvenir prend de la patine et il reste alors cette jeune fille de dix-huit ans qu’il paraît tout à fait monstrueux de faire souffrir un seul instant. Avec “J’ai fait ce que pouvais !” point de héros ni d’héroïne. L’excuse aplatit toute la réalité : les choses ne sont que ce qu’elles sont. On ne peut jamais faire que ce qu’on fait. C’est le serpent qui se mord la queue. Mais l’imagination c’est justement de voir les choses autrement, les modes conditionnel et subjonctif sont là pour faire entrer l’irréel dans le réel.

Mais qu’est-ce donc que le réel ? On dit que toutes les chansons racontent la même histoire... Alors pourquoi noircir des pages et des pages avec une longue histoire, des lieux, des personnages, quand dans la saynète suivante, cueillie sur les planches, en quelques mots tout est dit :
– Je t’aime.
– Il y a un truc que j’ai oublié de te dire hier soir.
– Je t’aime.
– Voilà, je ne suis pas un type bien, mais jolie comme tu es, je suis sûr que tu trouveras mieux.
– Je t’aime.
– Non, tu vois, je suis en train de draguer ta voisine de palier, c’est un peu compliqué...
– Je t’aime.
– Bon, ben salut hein ! merci pour tout et à la prochaine.

Pourquoi en rajouter s’il n’y a rien de plus à dire ? Dans son essai Danser sa Vie, Garaudy répond que l’écrivain n’a rien à dire, il est une manière de dire.

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mardi, avril 17 2007

Images du Monde flottant


Le monde flottant c'est, au Japon de l'époque d'Edo, le monde des artistes : geisha, danseuses, acteurs, saltimbanques, qui vivaient sur des embarcations. Ce monde de la scène a inspiré les peintres et donné de nombreuses images... Ukiyo-e, les images du monde flottant se sont multipliées grâce aux estampes que les Japonais de l'époque achetaient comme souvenir de voyage et celles-là constituent maintenant une bonne partie de la mémoire de ce monde disparu.

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lundi, avril 16 2007

lui ou Moi, une autre pièce facile à monter : un seul décor, trois personnages.


Questions : Le meutre est-il inévitable ? Est-il à la base de tout ?

Pour la question délicate du nombre de personnages... C'est tout l'un ou tout l'autre ! S'il ne convient pas, se reporter à l'introduction de X Y Z, ci-dessous, et à la multiplication des pains.

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samedi, avril 14 2007

Press-book d'X Y Z


Ah, vous êtes auteur ! Méconnu...

Dans le film emblématique de Marcel Carné : Les Enfants du Paradis, au cours du souper improvisé dans sa loge, Frederick Lemaître (interprété par Pierre Brasseur) interroge Lacenaire (interprété par Marcel Herrand) sur ses autres activités en dehors de voleur et assassin, qui lui répond :
“Vous n’allez pas me croire, j’écris des pièces de théâtre.
– Ah, vous êtes auteur ! Méconnu...
– Oui, méconnu, méconnu, mais je n’en ressens aucun dépit...”

Press-book d'X Y Z
Sans doute Lacenaire écrivait-il ses pièces directement dans la vie réelle, sur la chair et avec du sang, sûr qu’un jour il serait reconnu et donc connu, ce qui le gardait bien évidemment de tout sentiment de dépit. Pour celui qui écrit avec de l’encre, serait-ce celle du toner de son tambour... Quand le vin est tiré il faut bien le boire ! Et comme il est trop triste de boire seul - mieux vaut la coupe empoisonnée, en dépit de tout - il ne reste plus qu’à prendre son bâton de pèlerin pour un second itinéraire dans les lettres... lettres de rejet plus ou moins sèches qui sont la compagnie de l’auteur méconnu.

Avec les horions, quelques bénédictions !

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jeudi, avril 12 2007

X Y Z, une pièce facile à monter : un seul décor, trois personnages.


Le premier homme rencontre la première femme, surprise, ravissement ! Ils se reconnaissent d'abord et se connaissent ensuite. Mais quelqu'un troubla la fête...

Voilà toute l'histoire en un seul décor. Qui s'en plaindra ? Mais pour les trois personnages c'est autre chose, ce petit comité pouvant rebuter certaines riches compagnies. Plusieurs solutions sont alors envisageables. Premièrement celle qui consiste à faire interpréter un même personnage par une succession d'acteurs, comme ce fut le cas, par exemple, en 1977 dans le Macbeth de Memet Ulusoy, où le rôle titre fut tenu par quatre comédiens différents dont une comédienne. Une autre approche serait de découvrir des rôles cachés, comme celui de Lilith évoquée par "elle, elle" dans le texte qui, cela va sans dire, pourrait faire l'objet d'une apparition. Mais la méthode la plus féconde pour peupler la scène serait sans doute celle qui fut mise en oeuvre par le Théâtre Français, l'année dernière, avec Les Fables de la Fontaine, où des acteurs interprètent les animaux, par moments sans parole. Ainsi, dans X Y Z (où nous avons déjà un serpent locace) le lion, la biche, le zèbre, la panthère, la tortue, entre autres, pourraient donner lieu à une interprétation sans parole et même, dans le cas du perroquet, avec.


Adam et Eve

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